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Le cimetière Saint-Donatien

Et sa chapelle Sainte-Etienne

La chapelle Saint-Etienne se trouve au centre du cimetière Saint-Donatien. Source de l'image: Maps Live.

Dans l'enclos du cimetière de Saint-Donatien, proche de l'ancienne route de Paris, se cache à l'ombre orientale de la basilique Saint-Donatien et Saint Rogatien, la chapelle Saint-Étienne anciennement connu sous le vocable de "Saint-Georges" ou de "Saint Agapit".

A juste titre, c'est le plus ancien édifice religieux du diocèse, sans doute un des lieux constitutifs de l'histoire de la cité. Sa mise à l'écart lors de l'alignement de la route de Paris entre 1832 et 1869, a sans doute contribué à sa sauvegarde.

D'après des récits hagiographiques d'Albert le Grand, elle date du début du VIe siècle. Elle aurait été construite par l'évêque Épiphane, Epiphanius Epigonius grec d'origine, qui occupe, selon Travers(1), le siège épiscopal de 502 à 518, et l'aurait édifiée pour abriter une relique du premier martyr chrétien rapportée au plus tard en 506 de Jérusalem(2) : à savoir sa mandibule supérieure avec, nous précise-t-on, "les dents y enchâssez". Faisant partie des sept premiers diacres nommés par Saint-Pierre, Epiphane d'après Albert de Morlaix "fit le voyage de Jérusalem" d'où il rapporta des reliques insignes de Saint-Etienne, reliques d'abord déposées à la Cathédrale de Nantes puis déplacées selon sa volonté sur un domaine déjà sanctifié depuis deux siècles, par le martyre des Enfants Nantais.

Au Ve siècle, après la découverte en 415 des reliques du premier des diacres(3), la coutume était d'élever des chapelles spéciales pour abriter les prélévements reliquaires du saint et particulièrement dans les cimetières d'édifier un monument en l'honneur de Saint-Étienne (tout chrétien voulait reposer dans le voisinage d'un saint, tout particulièrement du premier de tous, devenu pour cause le saint des cimetières*).

Rectangle de 17,5 mètres de long par 7,5 mètres de large, couverte d'un toit à deux rampants ou versants dont le faîte atteint à peine huit mètres, cette chapelle a été modifiée au cours des siècles sans pour autant avoir perdue ses dimensions d'origine. La façade a été remaniée dans un style néoclassique. Des baies ou fenêtres de plein-cintre et une porte à linteau horizontal du XVIIIe percent les murs latéraux. Le mur du chevet porte le tracé d'une vaste baie en arc brisé, ou s'inscrit une seconde baie de forme rectangulaire.


Image.

Le mur occidental, le plus ancien, présente un appareil typique de l'antiquité dit en "Opus Vittatum Mixtum". On retrouve sur le mur gouttereau, haut de quatre mètres environ, l'appareil en petite pierre cubiques, mal équarries, rangées parallèlement, et soulignées de distance en distance par des cordons et des assises doubles de briques rouges, liées de ciment un peu rosé de l'époque gallo-romaine.

C'est l'appareil romain, tel qu'on le voit sur la muraille d'enceinte gallo-romaine. Dubuisson-Aubenay, voyageur archéologue qui vit ce mur en 1636, indique dans son itinéraire de Bretagne "C'est sans contredit la plus ancienne muraille d'église qui soit à Nantes debout, voire l'une des plus ancienne qui soient en France".

Centre de pèlerinage, un puits "traditionnel" aujourd'hui disparu était creusé à l'extérieur, juste devant la chapelle, pour permettre aux fidèles pélerins de se laver les mains avant de pénétrer dans le sanctuaire - ce puits, visible encore il y a quelques années, était pour Léon Maître une preuve de plus de l'antiquité du monument.


(1) Epiphane est présent  comme évêque de Nantes au Concile d'Orléans, assemblé en 511 par Clovis, sur avis de saint Mélaine, évêque de Rennes.
(2) D'après l'architecte Ferronnière, le corps de Saint-Etienne fut découvert en l'an 415 et conservé à Jérusalem jusque vers l'an 485 puis transféré à Constantinople par Juliana, petite fille de l'impératrice Eudoxie-Athénaïs.
* Il existait aussi dans le cimetière Saint-Similien une chapelle de Saint-Étienne qui disparut au moment de la Ligue.