Mairie

Séance du Conseil municipal, octobre 2009

"Le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, quel intérêt pour les Nantais?"

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Mme JOZAN, Conseillère municipale – Monsieur le Maire, mes chers collègues, le projet d’implantation d’un nouvel aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes date, comme nous le savons tous, de plus de trente ans. Il correspond à une vision d’avenir d’Olivier Guichard et de Charles-Henri de Cossé Brissac qui, en grands maîtres de l’aménagement du territoire qu’ils étaient, savaient bien que les très grandes infrastructures sont des projets indispensables au rayonnement des territoires et donc favorables au développement économique dont doivent bénéficier leurs populations.

Ce projet de transfert a fait l’objet de très nombreuses études et concertations où les craintes et les hostilités ont pu s’exprimer librement depuis plusieurs années déjà. Il est d’ailleurs de la responsabilité des élus porteurs du projet de ne pas balayer d’un revers de main parfois méprisant les préoccupations légitimes de ceux qui se sont opposés à ce projet, mais au contraire d’entendre leurs propositions ou amendements, leurs contributions positives, pour trouver un moyen de fédérer, sans remettre en cause le principe du transfert.

Comme nous le savons tous, en matière d’environnement, il s’agit bien d’intérêt général et l’ensemble de nos concitoyens évoluent chaque jour sur le sujet. Au terme des procédures légales, le projet a donc été acté, projet dont le Grenelle de l’environnement a confirmé la compatibilité avec les objectifs et les enjeux du développement durable. Cependant, dans ce domaine, tout reste perfectible.
Quel est aujourd’hui l’intérêt de ce transfert pour la population nantaise précisément ? C’est le sujet que notre groupe vous propose aujourd’hui. Il semble important face aux Nantais de défendre les arguments qui ont prévalu à la défense de ce dossier. Ne l’oublions jamais : un projet abandonné dans un territoire, c’est la chance pour un autre projet dans un territoire concurrent.

Ce transfert à Notre-Dame-des-Landes, c’est pour les Nantais plus d’avantages que d’inconvénients, à la fois en termes d’environnement et de développement économique, mais aussi en terme de rayonnement, tellement indispensable de notre territoire.

En terme d’environnement tout d’abord, la question des nuisances sur la ville de Nantes et de la sécurité liée aux nombreux survols à basse altitude, ne peut pas être évacuée. Plus de 40 000 habitants sont concernés par le plan d’exposition au bruit aujourd’hui, contre 2 700 sur le futur site. Quant au souvenir d’un avion égyptien au ras de l’Erdre en 2004, les Nantais l’ont tous en tête.

Environnement toujours, le nouvel aéroport devra répondre aux normes du Grenelle de l’environnement : traitement des rejets du site, prélèvement et réintroduction de la flore et de la faune dans les zones sensibles.

Il ne causera pas de perturbation par rapport à l’agriculture car le site réservé représente seulement 0,1 % de la surface agricole du département.

La fin du survol de la grande réserve que constitue le lac de Grand-Lieu, classé Natura 2000, va également dans le bon sens.

Enfin, la plateforme prévue libérera 300 hectares au cœur de la métropole, ce qui va permettre de libérer des réserves foncières à destination d’activités économiques et de logements desservis par les transports en commun, avec la possibilité de tendre vers cet objectif si précieux de contenir l’étalement urbain.

Quant au développement économique, faut-il demander aux chômeurs supplémentaires enregistrés cet été ce qu’ils pensent du débat sur la décroissance ? La construction du nouveau bâtiment nécessitera 3 000 emplois directs pendant une durée de trois ans dans le secteur des BTP dont on sait qu’il n’est pas délocalisable. En termes d’emplois, on sait également l’impact du secteur aéronautique dans notre département.

Tous ces arguments ont déjà été largement développés par d’autres et il semble important d’insister sur deux leviers essentiels : d’une part le développement de l’innovation et de la recherche, d’autre part l’amélioration de l’attractivité de notre territoire. En effet, ces deux aspects sont tout à fait essentiels pour la population nantaise dans les années à venir.

Le Technocampus EMC2, inauguré il y a quelques semaines à deux pas de l’usine Airbus de Bouguenais, est un bel exemple de technologie. Il permet la création d’emplois liés aux matériaux composites qui permettront aux avions, tel l’A380, de gagner 30 % de masse et donc d’économiser du kérosène.
Avec la crise actuelle, mais aussi la nécessaire prise en compte de la fragilité de notre environnement, la recherche est ainsi dopée et la préparation de nouvelles générations d’avions par les constructeurs est en marche. C’est cela le progrès. Rejeter la croissance au nom de son insuffisance, c’est sans doute aussi renoncer aux richesses à distribuer, aux emplois à pourvoir, aux moyens modernes de financer les innovations technologiques.

Troisièmement, en terme de rayonnement de notre territoire, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit irriguer un vaste territoire de huit millions d’habitants. De même que le TGV a réveillé la belle endormie, de même cet aéroport sera – nous n’en doutons pas – un accélérateur de l’attractivité de Nantes. L’ouest français est en effet une région périphérique. Elle trouve donc un intérêt particulier à multiplier les échanges avec le centre névralgique de l’Europe qui se déplace vers l’est, surtout depuis l’entrée des nouveaux arrivants. Par ailleurs, le Grand Ouest pèse encore trop peu, à cause de l’absence de logistique et de son positionnement souvent en retrait en matière de recherche et d’innovation.

En conclusion, ce projet de transfert présente une réelle opportunité pour la population nantaise. Parce qu’il accompagnera l’internationalisation nécessaire du réseau productif de notre économie locale, caractérisée par le dynamisme d’un tissu très serré de PME/PMI. Parce qu’il accompagnera la croissance du potentiel touristique en développant l’offre d’accueil en matière de tourisme urbain et de tourisme d’affaires tant attendu. Parce qu’il accompagnera la consolidation de l’axe Nantes-Rennes qui doit permettre de structurer la dynamique de territoire à l’horizon de 2015. Merci.

M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci, Madame Jozan. Madame Clergeau.

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Conseil municipal, octobre 2009

Débat thématique sur "Le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, quel intérêt pour les Nantais?"- Séance du Conseil municipal du vendredi 16 octobre 2009.


Introduction par Jean-Marc Ayrault,
député-maire de Nantes

 

Interventions de:

Conclusion de M. AYRAULT

Mis à jour le 20/04/10