Mairie
Séance du Conseil municipal, octobre 2009
"Le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, quel intérêt pour les Nantais?"
M. MAZZORANA-KREMER, Conseiller municipal – Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, sur le plan technique, tout a été dit et Monsieur le Secrétaire général de la préfecture a apporté des éléments que je ne conteste pas, ce qui ne vous étonnera pas. Je ne dirais pas non plus, contrairement à mon collègue, que les études qui ont été faites par des fonctionnaires sont partisanes. Sinon, où va la fonction publique ? Je resterais au niveau politique et mon propos se résumera essentiellement à cette analyse.
Le débat sur le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes est pour moi vif et animé ; nous l’avons vu ces derniers temps. En tant que partisans déclarés de cet outil de développement international, les radicaux n’ont eu de cesse de promouvoir la création d’un aéroport de stature internationale et non d’une simple plateforme nationale. J’ai eu l’occasion de m’exprimer sur ce sujet depuis un certain temps à travers les médias. D’emblée, nous avons inscrit notre positionnement à l’échelle nationale et européenne, dans un souci d’équilibre du territoire.
Outre les accusations de mauvais aloi de la part des opposants, d’aucuns dans les partisans ont jugé nos propositions comme démesurées, fut un temps. Je repose donc la question : pourquoi cet aéroport ne s’inscrirait-il pas dans une logique de première porte d’entrée sur le vieux continent, alternative à la saturation des aéroports parisiens ?
Chacun sait qu’étendre Roissy représente une hérésie en termes d’aménagement du territoire et en termes de préservation d’une qualité de vie déjà fortement entachée pour les populations des environs. En jouant la carte de Notre-Dame-des-Landes au détriment du troisième aéroport d’Ile-de-France, nous rééquilibrons notre territoire national, d’une part en mettant fin à la concentration jacobine, d’autre part en permettant le désenclavement du Grand Ouest, notamment par le développement d’interconnexions ferroviaires. Cela est d’autant plus primordial à l’heure du grand dessein européen.
Trop d’incertitudes planent sur la finalité de cet aéroport, trop de revirements et de contradictions se sont faits jour. Nous avons, dès le départ, milité pour un transfert de Nantes Atlantique vers le site de Notre-Dame-des-Landes. Il est trop facile de feindre cette évidence, sachant que ces études et ces analyses ont débuté depuis près de quarante ans. Il est trop facile aujourd’hui de feindre cette évidence, alors que le site a déjà fait l’objet de toutes les attentions.
Visiblement, certains ont la mémoire courte, tandis que d’autres, par souci électoraliste, s’inscrivent en faux par rapport à leur formation politique partisane de cet aéroport.
Allez donc interroger tous les élus du territoire, ceux d’avant 2001 qui n’ont pas pris leurs responsabilités. Il faut le dire ici.
Ce futur aéroport ne doit pas faire l’objet d’un débat dans lequel les opposants veulent nous entraîner sur une quelconque opposition entre partisans du productivisme et adeptes d’une utopie décroissante. Nous savons tous que les ressources fossiles ne sont pas éternelles et que par conséquent, le coût du baril risque tôt ou tard de flamber définitivement. Il n’empêche, mardi dernier, un A380 de la compagnie Qatar Airways a volé pendant six heures avec un mélange de gaz naturel et de kérosène. Il en ressort que les performances de cet Airbus n’ont en rien été altérées et que les émissions de CO2 ont très fortement diminué.
Raison de plus donc pour innover, trouver des alternatives respectueuses de l’environnement dans le transport aérien. J’en veux aussi pour preuve les recherches sérieuses sur l’avion à hydrogène ou les essais prévus du Solar Impulse., cet avion équipé de panneaux photovoltaïques, certes précurseur, mais qui sera lui aussi à terme un outil indispensable. La recherche est très avancée car ses essais de vol de nuit sont même inscrits pour 2010.
Pour en revenir au transfert, celui-ci doit être le fer de lance de notre développement économique et d’une porte d’entrée en Europe car à plus ou moins long terme, notre positionnement géographique va finir par nous desservir. Souhaitons-nous vraiment rester en marge de l’Europe fédérale à laquelle j’aspire ? Cet aéroport représente un pari sur l’avenir, à moins de désirer le désert de l’ouest pour notre métropole.
M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci. Madame Loirat.
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