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Les églises nantaises

L’église Saint-Similien

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Écrire l'histoire archéologique de Saint-Similien est chose difficile. Du Saint, on sait qu'il fut le deuxième successeur de Saint-Clair, et le premier dont le nom est retenu dans les documents de l'époque mérovingienne, sous le règne des empereurs Constantin et Constance II, dans la première moitié du IVe siècle. Il est avec Donatien et Rogatien inscrit en 592 dans le martyrologue hiéronien (1).

Sur le tombeau de Similien mort, selon la liste de Charon, le 17 juin 310, son successeur, Eumilius, édifia un monument, sans doute un petit oratoire en forme de chapelle commémorative.

Cent ans après, l'évêque Léon, un grec (444-458), huitième successeur de Saint-Similien, construit, sur les restes du saint confesseur, une véritable église de 20 mètres de long sur 9 mètres de large que l'on dit également "Saint-Sambin". Elle se termine à l'est par un exèdre, une abside étroite de 4 mètres de diamètre.

Érigée sur le tombeau de Saint-Similien, et consacré le 24 juin de l'an 419 - jour de la nativité de Saint-Jean-Baptiste - les murs de l'église sont faits de pierres carrées entrecoupées de chaînage de briques.

Ces briques ornées du chrisme, parfois encadrées de l'Alpha et l'Oméga, sont posés sur le champ par rang de trois. Saint-Similien est une des deux basiliques, "Basilica antistis Similini" dont Grégoire de Tours signale l'existence à la fin du Ve dans son "De gloria Martyrum" - ouvrage écrit sous Clovis et narrant le siège de Nantes et la conversion miraculeuse de Marcel Chillon, chef païen convertit au christianisme. Faisant le pendant à la Basilique Saint-Donatien, elle domine le Bourgneuf (2).


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La basilique mérovingienne pillée lors des invasions scandinaves de 848 subsista, mais c'est sans doute à cette période que les reliques du Saint, disposées dans le tombeau de la nef - non loin du puits qui existe toujours (3) - disparurent.

En 958, une procession permet, à l'évêque Gauthier et ses chanoines, de lancer une souscription publique pour entreprendre la restauration de l'église détruite par les pillages et qui sera achevée, vers 1172, par le duc Geoffroy II.

Après le siège de Nantes par les armées de Louis XI en 1487, Pierre du Chaffault, fait réparer et agrandir la basilique : l'église prend la forme d'une croix latine, conserve son abside mérovingienne, mais la nef est prolongée vers l'ouest, et flanquée de deux croisillons.

Une tour carrée, ornée d'étroites fenêtres en anse de panier pour éclairer l'escalier, s'élève à l'ouest, couverte d'un beffroi de bois en forme d'aiguille et d'une flèche d'ardoises. Le porche franchi, on trouve un puits à margelle.

Fermée au culte en 1793, l'église est rouverte après le Concordat de 1802. En 1824, les murs mérovingiens sont détruits et un édifice à trois nefs remplace la croix latine.


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L'église est divisée en trois par deux rangs de quatre colonnes doriques reliées les unes aux autres par des arceaux en plein-cintre. Un fronton grec, agrémenté d'un palier couvert, orne l'entrée.

Les colonnes des nefs sont reliées par des arceaux en plein-cintre. On entreprend le bas-côté nord, puis celui du sud ; la façade et le péristyle sont achevés en 1835.

En 1850, Mgr Malenfant, curé de la paroisse, et son Conseil de fabrique envisagent la construction d'une nouvelle église. En 1869, Mgr Frangeul choisit l'architecte Boismen.

D'après ses plans, l'église moderne, orientée nord-ouest, est de style gothique, inspiré par la première moitié du XIIIe siècle. Elle comprend trois nefs, deux déambulatoires, un chevet avec une chapelle où sera placée Notre-Dame de Miséricorde.

La nef comprend cinq travées et se termine par une façade comportant deux flèches surmontant l'édifice. Le 16 avril 1871, Mgr Laborde succède à Mgr Frangeul est obtient, dès 1872, l'autorisation de construire la nouvelle église.

Après de nombreuses études et projets; Mgr Félix Fournier bénit la première pierre du nouveau sanctuaire, le 5 octobre 1873.

La nouvelle église de Boismen vient peu-à-peu remplacer l'ancien sanctuaire qui est démoli définitivement en 1894. L'entrepreneur commence par élever la chapelle absidiale, puis le choeur, le transept et l'une des travées.

Le 24 août 1877, l'abbé Pierre Martin succède à Mgr Laborde, nommé évêque de Blois. En 1880, les voûtes de l'abside, du choeur et du transept sont terminées, les vitraux du choeur sont posés.

Cette partie est bénite le 8 décembre par Mgr Lecoq et Mgr Laborde.


En 1885, l'autel majeur de la Vierge, en marbre blanc, est consacré dans le transept de la nef. En 1886, la statue de la Vierge datant de la Révolution, est remplacée par une oeuvre de Joseph Vallet en marbre blanc, qui représente la Mère de Miséricorde assise. M. Bougouin, qui a pris la suite de Boismen en 1891, prend en charge la construction : des cinq travées de la grande nef ; de deux déambulatoires et des chapelles pour abriter les confessionnaux.

En 1894, on accède à l'église par un large escalier de huit marches*.

Le 22 décembre 1897, Mgr Rouard, évêque de Nantes, bénit l'église longue de 68 mètres.

Installé curé de Saint-Similien le 7 décembre 1902, Mgr Cassard engage les travaux de façade qui ne seront jamais terminés.

Le clocher de l'église n'a jamais été réalisé, même si des cloches jumelles attendent depuis 1820 (l'une fondue et bénite en 1819 sous l'invocation de Sainte-Anne, pèse 1 200 kg. L'autre, Similien pèse 800 kg).


* En 1894, des fouilles ont permis de découvrir les vestiges d'un édifice antique, sans doute un monument civil qui allait devenir une église mérovingienne. La nef, rectangle de 40 mètres de long, est orientée à l'est, sur la rue de Bel-Air, et à l'ouest par une abside semi-circulaire (de 20 mètres de diamètre sur 9 mètres de rayon). Plus de 150 sarcophages étaient rangés les uns au-dessus des autres, autour de l'oratoire du saint.
1/ D'après la légende, la tête de Saint-Similien aurait été tranchée en 843 par un pirate normand.
2/ Saint-Similien était une paroisse très étendue de la vallée de l'Erdre jusqu'à celle du Cens, traversait le chemin de Rennes pour rejoindre celui de Vannes et gagner la Chézine à l'ouest de la ville. Depuis, elle a donné naissance au nord, aux paroisses Saint-Pasquier, Sainte-Thérèse, une partie de Saint-Luc, de Saint-Louis de Montfort et de Notre-Dame du Pont du Cens ; à l'est des paroisses Saint-Félix et à l'ouest à Notre-Dame de Toutes-Joies.
3/ La présence d'un puits dans un monument n'est pas l'équivalent d'un baptistère, d'un vase pour recevoir l'Eucharistie. Du puits qui existe toujours.