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Les églises nantaises

L’église Saint-Médard

La paroisse de Doulon-la-Romaine compte parmi les plus anciens lieux de culte dans les terres qui entourent la ville. Pour affermir l'influence de l'Île de France sur les provinces conquises par lui, Charlemagne, à la fin du VIIe siècle, crée des monastères bénédictins dépendant de l'abbaye de Saint-Médard de Soissons.

Parmi ces filiales, on comptait l'abbaye des Saints martyrs des Enfants Nantais. Prévue pour soixante-dix moines par le futur empereur, ce nombre est ramené à trente par le pape Eugène II. Ne réussissant pas à implanter le culte de leur fondateur Saint-Médard à Saint-Donatien, ils installèrent un monastère sur le territoire voisin portant le nom de Doulon.

Dès le IXe siècle, Doulon agglomération gallo-romaine, est pourvue de bâtiments claustraux. Une chapelle aussi y fut construite. En 952, Alain Barbe-Torte, duc de Bretagne, la donne à l'abbaye de Jean de Landévenec qui la reconstruit.

Elle tient à l'époque sur des arcs de plein-cintre où les claveaux de pierre blanche alternent avec des briques rouges. Les moellons carrés de granit sont stabilisés par des rangées horizontales de briques rouges.

Le monument forme un rectangle de 20 mètres par 12 mètres avec un chevet plat et une nef unique large et basse. Le mur droit du chevet est bandé par trois arcs en plein-cintre dont chacun renferme une baie de même tracé. Un quatrième arc occupe le niveau bas de l'arcade médiane.

Les claveaux des archivoltes et les arases alternent des pierres calcaires avec des briques accolées trois par trois.

En 1106, l'évêque de Nantes Benoît de Cornouailles la remet à des chanoines de l'ordre de Saint-Augustin. En 1115, l'évêque Brice la remet finalement à l'abbaye aux moines de Marmoutier qui s'y tiennent jusqu'en 1612 date de la prise de l'église par un clergé séculier. Au XVe siècle, ils restaurent la pointe du pignon. Les murs latéraux sont abaissés et épaulés par des contreforts sous une toiture d'ardoises pentues.

La paroisse supprimée à la Révolution et rattachée à Sainte-Luce en 1814, fut rétablie en 1817. Au XIXe siècle, un épais clocher-porche coiffé d'une flèche à quatre rampants masque la façade.

En 1966, une tornade soulève le clocher qui broie dans sa chute le toit de la nef. En 1971, la décision est prise de raser l'église Saint-Médard, mais il faudra attendre 1988 pour qu'elle soit rebâtie, dans une architecture moderne.