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Les églises nantaises
L'église Saint-Martin à Chantenay
Sur le coteau granitique surmontant la Loire, la première chapelle portant le nom de "Saint Martin de Tours" - que l'on trouve citée dans une charte de 1287 - est un sanctuaire d'abord desservi par les moines du prieuré de Saint-Mélaine qui sont remplacés, au début du XVe siècle, par un clergé séculier, lorsque l'église devient église paroissiale au XIVe siècle*.
L'édifice est alors, un rectangle de 19 mètres de long, composé d'une nef, d'un choeur flanqué d'une chapelle au sud et séparé par une grille en bois.
En 1759, l'ancien édifice est détruit à la demande des États de Bretagne et le gouvernement de Louis XV. L'architecte Laillaud est chargé en 1756 de concevoir un nouvel édifice qui sera achevé en 1761.
En forme de croix latine de 33 mètres de long sur 20 mètres de large, l'église est construite en granit pour les soubassements et modénatures, en grison pour les parties supérieures, baies et corniches, et en chatelier (tuffeau gris). Une charpente, à deux pans d'ardoises, couvre la toiture que surmonte une boule elliptique. Le clocher comprenant quatre abat-sons soutient une croix de fer carré. Les voûtes sont lambrissées de sapin rouge. De la pierre de Durtal couvre le sol. Au-dessus de l'entrée peinte en vert olive se trouve une sculpture "Géova et la tête de Chérubin".
La consécration de la nouvelle église de style classique a lieu le 17 mai 1761.
Désaffectée, en partie détruite, et vendue à la Révolution à M. Moustier, il ne reste rien de cette église qui fut de 1775 à 1785, la paroisse acadienne de Nantes - bien que Chantenay n'était pas à l'époque intégrée à la ville.
En 1833, l'abbé Jean-Richard confie l'édification de la nouvelle église à l'architecte Louis Gilée qui en fait un édifice néoclassique.
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- Léglise Saint-Martin avant restauration.
Le plan en croix est basical. Il prolonge les chapelles latérales en collatéraux et édifie un nouveau choeur en hémicycle. Les trois vaisseaux, voûtés en plein-cintre, sont reliés par des colonnes doriques et, selon le style toscane, séparés par des chêneaux.
Quatre pilastres marquent une avant-nef. Un péristyle de quatre colonnes et pilastres soutient une voûte en cul-de-four, et prolonge le vaisseau central jusqu'au choeur.
Le choeur est souligné par un ressaut de corniches, des piliers cruciformes et l'emploi de l'ordre corinthien.
En 1839, la tour octogonale est élevée en même temps que les collatéraux sont réalisés.
Un clocher composé d'un dôme surmonté d'un lanternon, est élevé au-dessus de la façade occidentale. Les façades percées de baies plein-cintre, à encadrements de tuffeau, sont rythmés par des contreforts en tuffeau et granit.
La toiture, en ardoises, est posée aux crochets, tandis qu'une partie du toit de la sacristie, la chapelle axiale et le clocher sont couverts de zinc.
La majeure partie de l'aménagement de l'église est réalisé, vers 1836 ,sous Louis-Philippe, par Guillaume Grootaers, auteur des autels latéraux. Le maître-autel de marbre polychrome est un autel tombeau galbé.
Les fonts baptismaux et les bénitiers engainés sont du XVIIIe, ainsi que trois statues de bois polychrome placées en hauts des collatéraux et de la porte.
La statue monumentale de Saint-Martin, ciselée par Amédée Ménard, est placée sous une coupole derrière l'autel à proximité de celle de Jean-Baptiste, dont le socle porte la date de 1777, et de celle de la Vierge-martyre, Sainte-Marguerite de Pazzi.
Un paroissien, Jean Bernard, peint vers 1920 sur la voûte du choeur, l'offrande de la paroisse au pied du Christ roi.
Détruits en 1943 lors des bombardements, les vitraux ont été refaits dans les années cinquante et, tout particulièrement le second vitrail de gauche en entrant - à l'origine réalisé par un certain Deshais - qui représentait le père de Montfort, prêchant au pied de la croix et fut remplacé en 1953 par une autre verrière présentant le baptême du Christ.
Les statues et le mobilier des XVIII et XIXe siècle sont classés à l'inventaire du mobilier historique au printemps 1991.
De l'église, on passe au presbytère, petit manoir du XVe siècle, propriété de la Ville.
* La paroisse de Saint-Martin de Chantenay s'étendait entre Loire et Chézine, avant d'être amputée des paroisses : Saint-Louis et Sainte-Anne vers 1845, Saint-Clair en 1858, Sainte-Jeanne-d'Arc en 1939, Saint-Yves, Saint-Michel, et enfin Saint-Étienne. Elle donna naissance à la Commune à la Révolution et depuis 1908 au quartier de Chantenay.
Ses registres remontent sans discontinuer à 1451.