Mairie
Les églises nantaises
Notre-Dame de Toutes-Joies
Le premier édifice connu sous l'invocation de Notre-Dame est une chapelle qui se situait sur la place actuelle Dumoustier, et que le duc Alain Barbe-Torte édifia à la suite de la libération de Nantes des invasions scandinaves.
En 1135, une bulle papale transforme la chapelle de Notre-Dame en église paroissiale. Les Bénédictins y établissent le Prieuré de Notre-Dame, transformé en Collégiale Notre-Dame, dès l'an 1325, par l'évêque Daniel Vigier. En 1459, un second prieuré est créé par les chanoines sur le terrain qui devance actuellement l'Hôtel de Ville.
A la Révolution, la chapelle de Toutes-Joies et l'église Notre-Dame sont fermées et détruites. En octobre 1790, la paroisse fut annexée à la nouvelle paroisse Saint-Pierre, et le 12 novembre 1790, le chapitre fut supprimé. Le temple est disparu, mais le vocable de "Notre-Dame de Toutes-Joies" demeure.
En 1844, une OEuvre de jeunesse connue sous le nom de "Société de la jeunesse chrétienne sous les auspices de Notre-Dame de la Persévérance" est fondée par Eugène Peigné, missionnaire diocésien, puis relevée en celui de "Notre-Dame de Toutes-Joies", lors d'un patronage qui s'établit par l'acquisition de terrain le long du chemin des Herses, devenu rue Octave-Feuillet actuelle. La première construction établie est une modeste grotte avec niche en arc brisé pour accueillir la Vierge, sculptée par Pierre Potet et bénite le 6 juin 1845 par l'abbé Vrignaud.
L'OEuvre de Peigné avait sa Protectrice ; il fallait un local et on bâtit un édifice à un étage qui servait d'oratoire. Il fut bénit le 15 août 1848.
L'oratoire étant trop petit, un terrain fut acheté au sud de la cour et des plans dessinés par M. Henry Faucheux : une croix grecque aux bras à peine débordants. Quatre rangées de colonnes croisent leurs nefs respectives au centre de l'édifice. Une petite abside est accolée au pignon du midi. Deux portes étaient aménagées sur la rue et sur la cour du patronage.
Le plan, presque carré, eût appelé un dôme, mais la chapelle fut voûtée d'ogives portées sur colonnes. L'arc en plein-cintre est utilisé pour les ouvertures et arcs-doubleaux. La première pierre fut bénite par Mgr Jacquemet le 30 mai 1853. La première messe de l'abbé Richard eut lieu le 15 août 1854.
Rue Alexandre-Dumas, la façade de la "Cathédrale des OEuvres" alterne ses couleurs blanches et noires, schiste bleu et pierre blanche marquent les assises et auréolent les cintres. La grande porte a ses arcs posés en retrait sur des colonnes que surmonte la rose du milieu. En haut, Notre-Dame achève le pignon et la croix grecque tient lieu d'acrotère.
Les orgues monumentales de dix-huit jeux et demi sont de la maison Debierre. Achetée en 1901 par l'évêché, Notre-Dame de Toutes-Joies fut annexée à celle de Saint-Similien.
Le 1er novembre 1942, l'abbé Hallereau fondait la nouvelle paroisse autour de la chapelle, devenue église paroissiale en 1941. On fêta le centenaire le 4 juillet 1954, en présence de Mgr Cabana, archevêque de Sherbrooke au Canada et responsable de la communauté du "Moulin nantais", filiale canadienne de Notre-Dame de Toutes-Joies implantée dès 1880 par M. Chicoyne sur la rive droite du Saint-Laurent, au sud du Québec.
La création de la nouvelle paroisse appelait l'érection d'une nouvelle église sans pour autant détruire la chapelle de M. Peigné de 1853.
L'architecte René Ménard songea à démolir le petit sanctuaire de la chapelle pour placer au sud le porche d'entrée et la façade. Vers le nord, au-delà de la chapelle, il continuerait la série de colonnes, sur quatre rangées, et terminerait le vaisseau par un choeur accosté de sacristies.
Les architectes Ferré et Ganuchaud conçurent un autre plan. En béton armé, ils ajoutèrent une large nef à la chapelle et placèrent le porche, le clocher et le baptistère en façade, vers le nord. L'édifice forme une salle rectangulaire de 42 mètres par 19 mètres. En couverture, une voûte en anse de panier se développe avec des arcs surbaissés qui enjambent le vaisseau. Entre les arcs soulignant les neuf travées, des voûtains de briques recouvertes d'un enduit blanc, forment une épaisse clôture sous le toit d'ardoises. Chaque travée de la nef est percée, à droite et à gauche, d'une large ouverture qui frange tout le mur, jusqu'à la première corniche et se continue en petites baies de plein-cintre, jusqu'à la retombée du toit. Chaque ouverture est subdivisée en quatre par trois meneaux de ciment.
Trois arcs de plein-cintre édifiés sur l'ancien pignon de pierre, rasé, ouvrent le vaisseau sur la chapelle de pierre blanche. Le maître-autel occupe la baie centrale. Des stalles meublent les baies secondaires, à droite et à gauche. De simples portes permettent de passer du monument ancien à l'édifice nouveau.
Vers le nord, en façade, un escalier permet d'accéder au porche d'entrée dont le toit repose sur deux colonnes qui allègent le pignon aux murs pleins. Une rangée de fenêtres et arcatures rythment en bas la façade. Des arcs en retrait surmontent la porte d'entrée et son tympan demi-circulaire. Sur le côté nord, l'église est accostée à gauche et à droite du baptistère et du clocher.
Une tour ronde, le baptistère, s'éclaire vers le haut d'une série d'arcatures ouvertes que coiffe un toit conique.
Le clocher, tour polygonale contenant un escalier monumental qui conduit à la tribune ou à la crypte, annonce un campanile tronqué. Sous le parquet, la crypte accueille une chapelle souterraine en sous-sol.
Le vitrailliste Yves Deshaies a fermé l'édifice de tapisseries lumineuses où dominent le safran et le vert des prés, le carmin et le sombre violet, le bleu roi et l'orangé. Au bas de chaque verrière, une figuration au trait a été appliquée par l'artiste. Grâce à lui, en faisant le tour de l'église on apprend l'histoire de Notre-Dame de Toutes-Joies. Le sol est pavé de marbre, l'église est meublée par les bancs en chêne de pays réalisés par Lucien Monnier.
La nouvelle église est finalement inaugurée le 27 septembre 1959.