Mairie
Séance du Conseil municipal, décembre 2010
"Hôpital et santé publique: quel avenir à Nantes?"
Mme SOTTER, Conseillère municipale – Monsieur le Maire, mes chers collègues, le système de soin à la française tel que nous le connaissons est à un tournant. Les choix qui seront faits ces prochaines années impacteront durablement ce système qui fait notre fierté et qui a vocation à permettre un accès aux soins pour tous. Une question essentielle sera celle du service public et de sa place dans ce système. Nous le savons et cela été dit, le maintien de l’équilibre entre l’offre de soin privée et publique est essentiel quand on parle de médecine hospitalière. On taxe souvent de lourd et de coûteux l’hôpital, mais il est bien le pilier de notre système de soin en France, le lieu vers lequel chacun peut se tourner quand il ne sait où aller pour se soigner. Il se doit donc d’être fort et performant.
Le CHU de Nantes est aujourd’hui classé parmi les meilleurs établissements de France et comme on nous l’a rappelé tout à l’heure, il est leader dans certains domaines, grâce au niveau de sa recherche qui est pratiquée, au professionnalisme de ses équipes et à son dynamisme. Dans les années à venir, la concurrence avec les grands établissements privés du territoire risque de s’accentuer. Pour y faire face et rester une référence, le CHU de Nantes se doit d’envisager son avenir dans une logique de progression et de développement.
Dans cette optique, le regroupement des activités de l’Hôtel-Dieu et de l’hôpital Laënnec sur un seul et même site apparaît comme une solution de bon sens, permettant à la fois une plus grande synergie entre les activités de soin, de recherche et d’enseignement, mais également une plus grande fluidité dans les activités, avec le rapprochement géographique de la plateforme stratégique que constitue le site de Saint-Jacques. Le regroupement des activités hospitalières sur un nouveau site permet aussi de donner l’assurance de disposer d’une capacité de développement considérable à même de porter l’hôpital tel qu’il a vocation à ressembler à l’horizon 2030.
Si le regroupement a un sens, la construction de nouveaux bâtiments en a autant. Ceux que nous connaissons sont pour la plupart obsolètes. Quelle que soit la décision de l’Etat dans ce dossier, ils devront d’ailleurs subir des travaux coûteux dans les années qui viennent pour continuer à accueillir les patients dans des conditions convenables. De nouveaux bâtiments donc, pour assurer la sécurité de ces patients, sont l’évidence, mais aussi pour s’adapter aux évolutions de la médecine ambulatoire qui représentera la majeure partie des soins de demain. D’ores et déjà, en 2010, plus de 40 % des séjours à l’hôpital sont des séjours de moins d’une journée.
Les élus PRG de Nantes soutiennent donc le projet de regroupement des activités hospitalières sur un nouveau site. Ce projet représente une opportunité pour notre ville de continuer à bénéficier d’un service public de santé de qualité et d’une offre de soins accessible à tous.
Enfin, pour ce qui est de la localisation d’un tel équipement, il nous semble difficile de l’imaginer en dehors du périmètre que connaissent aujourd’hui les Nantais et les habitants de l’agglomération. Il se doit d’être central. L’Ile de Nantes apparaît dès lors comme l’endroit le plus approprié et le plus équitable pour y développer un tel projet. Merci.
M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci. Madame Loirat.