Mairie

Séance du Conseil municipal, décembre 2010

"Hôpital et santé publique: quel avenir à Nantes?"

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Mme LOIRAT, Conseillère municipale – Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, nous demandons une vraie concertation menée en toute transparence pour informer sérieusement la population, c’est-à-dire pour reprendre les termes du code de déontologie médicale, donner « une information loyale, claire et appropriée », ce qui permet de recueillir le consentement éclairé de la population et des acteurs de la santé. C’est pourquoi nous avons été les premiers à demander un débat et la constitution d’un comité de pilotage regroupant toutes les parties concernées par la question (personnel hospitalier, associations de malades, ARS, élus et aussi les établissements privés) et garant de la pertinence et de la transparence des orientations prises. Pour un meilleur diagnostic, ne serait-il pas logique de prendre aussi le pouls des quelques 10 000 salariés du CHU de Nantes pour connaître leur avis en organisant par exemple une votation?

Nous pensons aussi que les structures privées doivent être intégrées à la réflexion sur l’avenir de la santé publique parce qu’elles en sont aussi actrices. Par exemple, en chirurgie, elles prennent en charge 70 % du travail. Les centristes, les élus du groupe Centre Démocrate n’entreront pas dans une inutile guerre du privé contre le public ou vice versa. Les deux existent, cohabitent et soignent des patients. Parfois, le partenariat public/privé existe et cela fonctionne mieux sans certains dysfonctionnements internes à l’hôpital.

Nous ignorons tout de la médecine qui sera pratiquée dans cinquante ans. Quel sera le plateau technique dans cinquante ans? Nous ne connaissons même pas toutes les maladies qui pourraient arriver par exemple avec le réchauffement climatique.

Vous avez évoqué un regroupement. Pour nous, il est partiel. Le projet tel qu’il nous a été expliqué par Madame Coudrier, directrice de l’hôpital et le Professeur Potel, devant la grande carte de la salle du conseil d’administration de l’hôpital, prévoit certes de regrouper à terme l’Hôtel-Dieu et Laënnec, mais aussi de conserver plusieurs sites (une dizaine) dont l’Hôpital Saint-Jacques sur la rive gauche de la Loire pour toute la logistique du CHU et le service de psychiatrie. La faculté de médecine déménage-t-elle ou pas? Reste-t-elle sur la rive droite, tandis que l’hôpital va être au centre sur l’île? Peut-on vraiment parler de regroupement sur un seul site lorsqu’il y a les deux rives et l’île à franchir? Est-ce que le déménagement doit concerner la totalité des activités hospitalières et universitaires? Le cahier des charges n’a pas été transmis aux membres du Conseil municipal. Avec qui a-t-il été élaboré? Y aura-t-il un Campus Santé ou pas?

Les dessertes sont extrêmement importantes. Pascale Chiron a fait part tout à l’heure d’une bonne proposition, celle d’un Plan de Déplacement Santé. Quelles dessertes pour 12 000 à 15 000 personnes par jour? A quel horizon?

Monsieur le Maire, il est temps de mettre toutes les cartes sur la table. Pourquoi ne dîtes-vous pas que vous avez demandé entre autres une étude plus fine et sur un tracé différent, en triangle, pour une desserte par téléphérique du futur hôpital sur l’Ile de Nantes? Le triangle, forme géométrique nantaise par excellence, du berlingot au commerce en passant par l’étagement pyramidal des balcons de fer forgé: tout est triangulaire à Nantes. Pourquoi pas? Alors dîtes-le. Comme on dit sur Facebook, partagez l’information, Monsieur le Maire !
Une île est par nature difficile d’accès. Qu’en sera-t-il pour les patients en état critique qui voudront accéder aux Urgences aux heures de pointe? Combien y aura-t-il de véhicules chaque jour vers le CHU (ambulances et autres)?

Concernant la structure, un hôpital doit d’abord être construit pour le confort du patient. Quel cadre de vie et quel environnement voulons-nous pour les malades? Voulons-nous une structure pavillonnaire de faible hauteur ou dans la ville nécessairement redensifiée sur elle-même d’inévitables tours de la Défense par exemple? Y aura-t-il de la verdure ou pas sachant que l’on n’aura pas la place de tout faire, un hôpital, un parc et des logements? Ce nouvel hôpital ne sera-t-il pas lui aussi à nouveau obsolète dans trente ou cinquante ans?
Sur les coûts, les informations sont aussi contradictoires. Le financement est non acquis et non stabilisé, selon la CFDT, alors que Madame Coudrier nous a dit que tout allait bien et que l’équilibre financier serait atteint. C’est contradictoire. D’où la nécessité d’un vrai débat et non pas une simple enquête publique qui va durer un mois à la fin des opérations. Le transfert du CHU ne va-t-il pas absorber aussi tous les budgets santé de la région? Quid du reste, en particulier dans le monde rural et de la question de la désertification médicale?

Je terminerai par les risques d’inondation. Madame Coudrier nous a dit que l’Ile de Nantes n’était pas inondable. Nous avons demandé à voir l’étude, sachant que le nouveau Plan des risques Inondation n’est toujours pas en place. On nous a dit que l’Ile de Nantes n’était pas inondable. Le risque zéro n’existe pas. Je crois que nous devons en tenir compte puisque nous nous apprêtons à construire un hôpital pour cinquante ou cent ans. Puisque l’on parle d’eau, le transfert du CHU devrait être aussi l’occasion de travailler à la question du rejet des eaux usées de l’hôpital et des déchets médicamenteux que l’on retrouve dans l’eau. Pour conclure, je dirais que la question du transfert du CHU justifie de conserver la Commission Urbanisme et les missions du Conseil municipal. Je vous remercie de votre attention.

M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci, Madame Loirat. Monsieur Guin.

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Conseil municipal, décembre 2010

Mis à jour le 26/01/11