Mairie

Séance du Conseil municipal, décembre 2010

"Hôpital et santé publique: quel avenir à Nantes?"

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Mme JAGLIN-GRIMONPREZ, Directrice du plan – Je vous montre juste quelques chiffres et quelques schémas pour compléter votre information. J’ai profité du dialogue que nous avons eu avec de nombreuses structures depuis six mois, des questions qui nous sont régulièrement posées et des interpellations que nous recevons par presse interposée, pour essayer de vous donner quelques éléments de réponse.

Le premier point porte sur le programme capacitaire du futur CHU sur l’Ile de Nantes. Il ne faut pas oublier que le CHU représente aujourd’hui 3 000 lits sur 9 sites, 3 000 lits qui sont à la fois des activités aigües de médecine, chirurgie, obstétrique, pédiatrie, mais aussi des soins de suite, de la rééducation, de la psychiatrie et de la prise en charge des personnes âgées. On ne parle, sur l’Ile de Nantes, que de la partie aigüe, c’est-à-dire médecine, chirurgie, obstétrique, pédiatrie. Aujourd’hui, ce sont 1 650 lits et places. Cela a beaucoup bougé dans le temps, indépendamment des constructions, simplement pour s’adapter aux évolutions de la médecine. Des soins qui, il y a encore dix ans, nécessitaient de rester dix jours à l’hôpital peuvent nécessiter aujourd’hui d’y rester deux ou trois jours, voire même une seule journée. Sans diminution d’activité, nous sommes passés à un peu plus de 1 000 lits en 1980 à 1 650 aujourd’hui. Nous nous projetons à 1 384 lits et places, à l’issue d’études extrêmement précises, qui nous permettent de préserver les lits que nous sommes les seuls à avoir dans l’agglomération, parfois sur le département et parfois même sur la région, pour la réanimation bien sûr, mais aussi pour les activités extrêmement complexes que sont la chirurgie cardiaque, la transplantation, la prise en charge des hémophiles, les greffes de moelle, etc. En moyenne, nous aurons moins 16 % de lits, alors que vous avez peut-être entendu la Directrice générale de l’offre de soins annoncer moins 60 % au niveau national de lits en chirurgie. On s’inscrit dans la même dynamique que tous les autres hôpitaux au niveau national, en préservant ce qui fait l’essentiel des missions spécifiques d’un CHU.

Quelle est notre clientèle? Vous voyez sur ces quatre images l’attraction des quatre principaux établissements de l’agglomération nantaise aujourd’hui. Vous voyez que la polyclinique de l’Atlantique, située sur la commune de Saint-Herblain, a une patientèle qui vient plutôt du nord ouest du département. Vous voyez que malgré ses activités extrêmement variées, la clinique Jules Verne, implantée au dessus du rond-point de Rennes, attire plutôt des patients qui viennent du nord-est de l’agglomération. Les Nouvelles Cliniques Nantaises qui sont implantées en sud-Loire attirent quant à elles une patientèle qui vient du sud du département et de la Vendée. Vous voyez que le CHU de Nantes reçoit pour 75 % des patients du département de la Loire-Atlantique, répartis de façon homogène. C’est tout à fait logique puisque nous avons des activités que nous sommes les seuls à exercer. 50 % viennent des communes de l’agglomération nantaise, dont 20 % à l’intérieur du périphérique. De ce point de vue, le site du centre-ville nous permet de desservir équitablement la totalité des patients qui ont recours à nous, en interconnexion avec tous les modes de transport qu’ils sont susceptibles d’emprunter, les transports en commun à l’intérieur de l’agglomération bien sûr, mais aussi l’interconnexion avec la gare SNCF qui est pour nous très importante.

Sur le site de l’Hôtel-Dieu, resteront pendant quelques années, comme l’a dit le Professeur Potel, les activités pédiatriques et la maternité parce que nous les avons construites récemment et parce que nous sommes conscients du coût que la construction nouvelle va représenter pour la collectivité. Nous avons essayé de phaser de la manière la plus logique possible. Nous pouvons accepter une séparation physique avec ces activités pendant quelques années. Nous ne pouvons pas supporter qu’elles soient à une demi-heure ou trois-quarts d’heure de distance du service des Urgences, de la réanimation adulte, etc.

Nous avons aussi, sur le site Saint-Jacques qui va rester, toute la production logistique du CHU: la fabrication des repas, la blanchisserie, la stérilisation centrale demain, le magasin de l’établissement. Pour nous, en termes de coût pour la société, il est très important de se rapprocher de cette plateforme logistique qui aura 1,2 kilomètre à parcourir pour desservir le site de l’Ile de Nantes, avec un seul parcours. Aujourd’hui, nous en avons deux, avec le site AGRL. C’est un gain et un impact sur l’environnement très amélioré de ce point de vue.
Que se passerait-il si l’on ne faisait rien ou si l’on retardait la décision qui se base sur un diagnostic qui a maintenant dix ans? Nos locaux sont obsolètes aujourd’hui. Si les décisions nationales se prennent, comme l’a dit Madame Desaulle, dans les premiers mois de l’année 2011, nous serons en mesure d’ouvrir l’hôpital de l’Ile de Nantes en 2020. Nous savons que les dix ans qui viennent vont être très difficiles à vivre pour les équipes et pour les patients parce que nous leur offrons peu de chambres à un lit. Il faut savoir qu’il n’y a pas de douche dans les chambres du CHU de Nantes aujourd’hui. C’est très mal vécu par les patients et par leurs familles, ce qui est bien compréhensible. Nous avons énormément de mal à intégrer des technologies qui nécessitent de l’espace que nous n’avons pas. Nous allons par ailleurs être obligés de faire des investissements coûteux sur le site de l’Hôtel-Dieu en particulier qui est un immeuble de grande hauteur soumis à une réglementation extrêmement sévère du point de vue de la sécurité incendie. Les services du Ministère qui nous ont accompagnés dans la prise de décision ont annoncé un chiffre sur le coût de mise aux normes de l’Hôtel-Dieu s’il devait vivre au-delà de 2020: nous serions obligés d’investir 245 M € sur le site de l’Hôtel-Dieu pour une mise aux normes tout à fait partielle, sans amélioration de l’hôtellerie et sans amélioration pour les techniques médicales, si nous n’étions pas certains d’avoir une reconstruction.

Par rapport à ces 245 M €, quel est le coût de la construction sur l’Ile de Nantes? Il s’agit naturellement de valeurs 2009 puisque l’évaluation a été faite en 2009. Le coût des travaux est estimé à 300 M €. C’est une somme évidemment très importante, mais il faut la mettre en relation avec les 245 M € que nous serions obligés d’investir sur le site de l’Hôtel-Dieu si rien n’était fait. Pour vous donner un ordre de grandeur, cette somme représente la moitié d’un budget de fonctionnement annuel du CHU de Nantes.
On nous pose souvent la question des sources de financement. Le CHU s’est engagé à autofinancer ce projet à hauteur de 50 % de son coût, par ses propres capacités d’autofinancement qui sont en cours de reconstruction et par l’emprunt. Les 50 % restants viendront de l’apport du Ministère de la Santé. D’où les relations extrêmement étroites et les négociations extrêmement importantes que nous avons eues avec ces services depuis de nombreuses années.

Enfin, un dernier mot sur le calendrier. Nous avons réactualisé le projet médical au cours du premier semestre 2010, de manière à ce que les organisations que nous prévoyons sur ce nouvel hôpital soient parfaitement adaptées à ce projet médical. Nous sommes en train d’élaborer un programme technique détaillé qui s’achèvera au printemps 2011. Si le Ministère nous donne le feu vert dans les premiers mois de 2011, nous lancerons un appel à candidatures pour le choix d’un architecte que nous retiendrons en 2012. La première pierre sera posée à la fin de 2014 ou début 2015, pour une ouverture de la première phase adulte prévue en 2020 et une ouverture de la deuxième phase Mère et enfant en 2025. Je vous remercie.

M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci, Madame. Vous avez terminé toutes vos interventions. Je vous invite à choisir: soit vous avez pris des engagements et vous ne pouvez pas rester, soit vous restez et vous serez les bienvenus. Maintenant, nous allons passer au débat du Conseil municipal. Je vous rappelle que chacun a cinq minutes d’intervention. Le premier intervenant est Patrick Rimbert.

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Conseil municipal, décembre 2010

Mis à jour le 26/01/11