Mairie
Séance du Conseil municipal, décembre 2010
"Hôpital et santé publique: quel avenir à Nantes?"
Mme CHOQUET, Adjointe – Merci. Il me semble qu’il faut parler de l’approche de la santé que chacun d’entre nous a avant de dire quelle politique de santé nous souhaitons développer et quelle place nous accordons à l’hôpital public. Ce matin, j’ai beaucoup entendu parler de technique, peut-être un peu au détriment de l’humain. Il est vrai que nous n’avions tous que cinq minutes, mais je voulais insister sur ce point.
Pour les élus verts, il est important avant tout d’aborder la santé de façon positive. La santé ne revient pas à parler seulement de maladies ou d’absences de maladie, de soins et de technologies. Aïcha Bassal l’a bien exposé ce matin en présentant ce que fait la Ville en matière de santé publique. La santé, c'est une ressource pour répondre aux agressions, pour être bien dans son corps, bien dans sa tête et bien avec les autres. C’est un patrimoine qu’il faut préserver.
Quelle est la situation dans notre pays? Pour ma part, je parlerai plutôt d’une logique de soin et non pas d’une logique de bonne santé. Nous sommes dans une logique de soin et en situation de crise sanitaire. En effet, aujourd’hui, les maladies chroniques (les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité...) représentent la principale cause de mortalité et de maladie en France. Ces maladies sont pour l'essentiel la conséquence de l'activité humaine, de notre propre responsabilité. Ce sont la sédentarité, la « malbouffe », les expositions chimiques, les consommations excessives d’alcool et de tabac pour n’en citer que quelques-unes. Il faut être bien conscient du lien existant entre cette crise sanitaire et nos modes de vie actuels.
Pour certains, la crise du système de santé se résumerait à une crise économique, liée d’une part au vieillissement de la population et d’autre part au coût croissant des dépenses médicales. L’action sur les causes des maladies doit être la priorité d’une politique de santé et d’assurance maladie. C’est pourquoi nous soutenons la mise en place d’une véritable politique de prévention orientée vers la santé environnementale et la santé au travail, une politique d’éducation pour la santé et de promotion de la santé. Madame Desaulle l’a développée tout à l’heure. Il s’agit bien de changer les comportements individuels et collectifs pour réellement améliorer la santé de tous et rationaliser ses dépenses.
En plus de ces deux piliers que sont l’environnement et l’éducation, il s’agit bien sûr d’assurer l’accès à une offre de soins de qualité pour tous. Aujourd’hui, on constate plutôt une augmentation des inégalités d’accès aux soins. Le positionnement du gouvernement actuel menace les fondements de notre système de solidarité et en particulier l’avenir de l’hôpital public. Pour nous, élus verts, il est donc tout particulièrement urgent de soutenir l’hôpital public qui est le pilier de la recherche médicale, qui est le lieu de formation de milliers d’étudiants qui seront les professionnels du sanitaire et du social. Il est surtout le dernier bastion du service public où des hommes et des femmes peuvent encore être accueillis 24 heures sur 24, tout simplement parce qu’ils sont malades. Il nous faut maintenir public l’hôpital. Nous soutenons une politique de santé où l’on s’intéresse aux causes des maladies, où l’on prend en compte les modes de vie et où l’accès aux soins est assuré par l’hôpital public ouvert à tous.
Il est maintenant facile de répondre à la question de l’avenir de l’hôpital à Nantes, pour les élus verts. Nous soutenons les salariés de l’hôpital dans leur lutte contre le démantèlement de notre système public hospitalier. Nous sommes favorables à son regroupement afin de renforcer la proximité soins/enseignement/recherche qui a été très bien exposée par Monsieur Potel ce matin. Nous défendons sa modernisation pour accompagner au mieux les patients dans leur parcours de soins et lutter contre le glissement actuel vers le privé. Nous militons pour son emplacement au cœur de la cité. Les protocoles de soins ont évolué, l’hôpital doit donc s’inscrire dans le tissu social vivant. Les photos de l’architecte, ce matin, étaient très parlantes. J’insiste sur le Plan de Déplacement Santé qui doit être construit et anticipé collectivement dès maintenant, au plus tôt. Nous revendiquons une transparence totale et l’ouverture du débat à l’ensemble des acteurs concernés: salariés, syndicats, élus, usagers, habitants, etc. dont plusieurs représentants sont ici ce matin.
C’est bien l’articulation entre une politique locale volontariste et une politique nationale de santé qui contribue à l’amélioration durable de l’état de santé des citoyens, qui est notre but. Il est essentiel de passer d’un système de soins à un véritable système de santé où l’hôpital ne peut avoir vocation à être rentable puisqu’il est public.
M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci. Monsieur Even.