Mairie
Séance du Conseil municipal, décembre 2010
"Hôpital et santé publique: quel avenir à Nantes?"
Mme CHIRON, Adjointe – Monsieur le Maire, chers collègues, je crois que nous l’avons bien entendu dans les différentes présentations et notamment dans la présentation historique: plus la santé est au cœur de la cité et plus son approche est potentiellement démocratisée, ceci parce qu’elle fait partie de notre environnement. Nous pouvons alors l’appréhender comme un élément du quotidien et nous en avons eu plusieurs exemples.
La présence du patient dans la ville permet une limitation des déplacements santé et donc une proximité plus forte entre l’habitant/patient et l’hôpital public. L’hôpital public, s’il est dans la ville, nous permet de l’appréhender comme un élément d’urbanité: un outil qui fait la ville, qui doit prendre en compte aussi les continuités et les connexions avec le tissu qui l’entoure. On ne va pas alors spécialement à l’extérieur de la ville pour se soigner. On pourrait d’ailleurs avoir alors une idée de relégation.
Ceci étant dit, cette approche, qui pour nous vise l’équité, nécessite une cohérence de l’offre et une organisation territorialisée jusque dans l’offre de prévention. Nous devons penser à la complémentarité entre les PMI, l’offre de soin, la place du spécialiste et l’approche des publics sur le territoire et plus largement sur le territoire de l’aire urbaine. A cet effet, d’ailleurs, le projet d’Horizon 2030 doit nous aider à réfléchir sur cette démocratisation de la santé publique en ayant une approche territoriale. L’accessibilité à la santé nécessite une facilité dans les déplacements et rend donc indispensable la mise en œuvre d’un Plan de Déplacement Santé. Que ce plan soit intégré au Plan de Déplacement Urbain semble vraiment cohérent et le renforcera. En effet, la question des déplacements est l’une des principales questions posées lorsque l’on aborde ce sujet de l’hôpital dans la ville, notamment lorsqu’il s’agit du regroupement du CHU sur un seul lieu, celui de l’Ile de Nantes.
Pour le moment, malheureusement, nous sommes loin d’avoir toutes les réponses à ces questions, mais nous savons que nous avons encore du temps et que nous allons y travailler. Or les déplacements sont nombreux et variés: patients, salariés, visiteurs, ambulanciers, fournisseurs, mais aussi habitants du quartier. Il nous faut donc les traiter en amont. Le projet de PDU récemment voté nous le rappelle explicitement dans sa fiche n° 2. Je voudrais juste rappeler trois points: « systématiser la réalisation d’un document d’analyse des impacts mobilité en phase amont des projets urbains – nous en sommes bien là aujourd’hui – projets urbains qui sont bien les grands générateurs des déplacements, afin de limiter leurs impacts environnementaux liés aux déplacements ; justifier le choix de localisation des grands équipements par leur desserte en transport collectif ou programmé ; préciser les modalités d’organisation des déplacements de salariés, visiteurs et autres ». Nous sommes donc bien dans ce cadre.
Pour les élus Europe Ecologie – les Verts, s’il y a regroupement du CHU sur l’Ile de Nantes, cela devra passer obligatoirement par un renforcement des transports collectifs. Nous sommes favorables à une desserte en tram-train de l’Ile de Nantes, ainsi qu’à la réalisation d’un nouveau pont sur la Loire, à l’ouest de l’Ile de Nantes, mais sans forcément le positionner à la pointe de l’île. Pour nous, il faut d’abord se poser la question d’un doublement de l’actuel pont Anne de Bretagne. Nous devons en effet prendre en compte les activités historiques et existantes de ce site.
Sans cohérence dans les déplacements liés à l’hôpital, il n’y aura pas d’efficience de l’hôpital public. Sans démocratisation de ces sujets majeurs pour l’avenir d’une ville et de ses habitants, il n’y aura pas non plus de pertinence ni d’adhésion au projet. C’est ce que nous ont dit avec force les différents acteurs concernés: représentants syndicaux, professionnels de santé, l’ARS, les usagers que nous avons pris le temps de rencontrer, pour connaître leur opinion d’abord, mais aussi pour nourrir la nôtre ensuite. Ces questions sont à poser et à penser dès à présent sous peine de perdre toute crédibilité sur l’idée d’un hôpital dit « moderne » sur l’Ile de Nantes, sur l’idée d’un hôpital que nous souhaitons tous aujourd’hui. Merci de votre attention.
M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci, madame Chiron. Madame Garnier.