Mairie
Séance du Conseil municipal, décembre 2010
"Hôpital et santé publique: quel avenir à Nantes?"
M. ROBERT, Adjoint – Monsieur le Maire, mes chers collègues, au nom du groupe socialiste, je voudrais souligner toute l’importance de l’implantation du CHU au cœur de l’agglomération. Le cœur de l’agglomération est un espace à dimension symbolique extrêmement forte. C’est celui qui a vocation à entraîner le territoire tout entier dans une dynamique positive de développement. C’est un espace qui doit être incarné par des lieux de travail, de rencontre, de vie en commun, par un système performant de dessertes et par des projets structurants qui ont vocation à « irriguer » bien au-delà de ses limites. L’aménagement du cœur d’agglomération doit donc être pensé et réfléchi à l’aune des enjeux de la sixième agglomération de France, des enjeux économiques, d’emploi, de transport, mais aussi des enjeux de société au premier desquels la cohésion dans laquelle la santé publique tient une place prépondérante. Une agglomération comme Nantes se doit donc d’avoir en son centre une offre de santé performante, de qualité et accessible à tous.
J’en profite pour souligner au passage, puisque cela n’a jamais été évoqué, que je suis scandalisé par les attaques du groupe UMP à l’Assemblée nationale contre l’aide médicale d’Etat ! Demain, la santé publique des étrangers sera remise en cause par ces attaques successives avec l’aval du Gouvernement qui met en jeu la cohésion sociale et l’accès aux soins pour tous !
A Nantes, comme ailleurs en France, l’offre de santé pour tous est structurée autour du pôle hospitalier public. Réfléchir la santé à Nantes ne peut donc se concevoir en omettant l’enjeu de centralité, la place qui revient à l’hôpital public au cœur de la ville. Je m’étonne un peu, dans une assemblée d’élus nantais, au Conseil municipal de Nantes, que des collègues élus nantais comme Madame Garnier ou Madame Jozan, défendent le développement hors de la ville-centre de ce formidable outil qu’est le CHU. En défendant cette vision, il y a une certaine rupture avec une tradition séculaire d’implantation au cœur de ville. L’Hôtel-Dieu est au cœur de la ville et il doit le rester. C’est d’autant plus nécessaire que la ville est ceinturée par des établissements privés de grande envergure qui sont extrêmement dynamiques et pour lesquels des restructurations sont encore à venir puisqu’il a été évoqué ici le déplacement de deux cliniques privées nantaises qui devraient rejoindre la périphérie. Le secteur public est donc dans le vrai quand, aujourd’hui, il envisage son avenir à l’horizon 2020-2030 et au-delà, au cœur de ville.
De ce point de vue, j’avoue que je n’ai pas beaucoup apprécié l’observation désobligeante à l’égard de Monsieur Moinard, directeur général par intérim. J’étais administrateur du CHU pendant cette difficile année qu’a connue l’hôpital en 2008. Je tiens à saluer – et je ne dois pas être le seul – l’extraordinaire travail de Monsieur Moinard qui a pris cette fonction dans des circonstances difficiles et qui nous a aidés à faire ce choix décisif d’implantation sur l’Ile de Nantes.
Le choix de l’implantation est extrêmement important au cœur de ville et est capital ! Aujourd’hui, on ne parle pas du centre-ville, on parle de l’Ile de Nantes. C’est le territoire symbolique du développement de notre agglomération. L’Ile de Nantes est aujourd’hui le site prioritaire du développement des grandes fonctions métropolitaines, par sa position, par ses capacités d’accueil, par son accessibilité globale. Le CHU est l’un des grands équipements qui va être constitutif de cette attractivité.
Concernant l’accessibilité qui a été largement évoquée, je vous demande de vous référer au PDU. Tout est dans le document. Le réseau structurant de transports collectifs à l’horizon 2030 est dans le PDU. Que nous dit-il? Il nous dit des choses extrêmement simples. Le déplacement sur l’Ile de Nantes correspond au déplacement sur le site qui sera demain le site le mieux desservi de toute l’agglomération nantaise, en transports publics, en déplacements doux et en accessibilité routière. Regardez la sous-utilisation du pont des trois continents tel qu’il existe aujourd’hui, avec quatre voies de circulation. Pourquoi ne pas penser au ferroviaire également? Le site de l’Ile de Nantes est également desservi par les voies ferroviaires. L’hôpital va même d’ailleurs s’implanter sur une emprise ferroviaire.
Un hôpital en périphérie signifie que 80 % des déplacements s’effectuent en voiture. Pour un hôpital en centre-ville, 40 % des déplacements s’effectuent au maximum en voiture. On ne peut pas d’un côté voter des Plans Climat, dire que le Grenelle de l’environnement, c’est formidable et lorsqu’il s’agit de passer à l’acte, opter pour des projets qui vont multiplier par deux le bilan carbone du choix d’investissement d’un tel équipement ! J’en appelle aussi à la cohérence par rapport aux documents que nous pouvons voter et sur lesquels nous pouvons débattre par ailleurs.
L’implantation sur l’île est une chance pour le CHU qui y trouvera l’espace nécessaire à ses projets de développement. Elle est aussi une chance pour le territoire du point de vue économique et du point de vue de la cohésion sociale. Voilà pourquoi au nom des élus socialistes, j’apporte mon soutien à ce projet ambitieux dont la forme architecturale devra être hospitalière, dans tous les sens du terme.
[lire la suite...] Conclusion de M. AYRAULT