Mairie

Séance du Conseil municipal, octobre 2009

"Le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, quel intérêt pour les Nantais?"

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Mme MEYER, Conseillère municipale – Monsieur le Maire, mes chers collègues, je rappellerais de façon liminaire, même si cela a déjà été dit par un certain nombre de mes collègues, mais je crois que c’est absolument nécessaire, qu’il ne s’agit pas de la construction d’un nouvel aéroport, mais du transfert de l’ancien aéroport de Château-Bougon vers l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Autrement dit, l’alternative n’est pas entre la création ou non d’un nouvel aéroport. L’alternative se situe entre le maintien ou non d’une structure actuelle qui date des années soixante où les exigences, en particulier en matière de sécurité, en matière environnementale et en matière de développement économique, n’étaient absolument pas les mêmes que celles qui existent aujourd’hui. L’alternative n’est pas entre une modèle de décroissance et un modèle de croissance. Je tiens acte de mauvais procès qui pourraient être faits.

Pour nous, l’alternative est entre un modèle de croissance qui nous semble périmé parce qu’il date de ces années soixante qui étaient à la fois des années d’euphorie et des années d’illusion, dans une croissance qui ne serait limitée par aucune norme, et un modèle de croissance moderne, c’est-à-dire responsable, ouverte sur l’avenir tant écologique qu’économique et qui tient compte des nouvelles normes élaborées à juste titre en réaction contre les effets nocifs d’un développement économique sans limite.

Je vais donc essayer de vous montrer en quoi ce transfert de l’aéroport permet effectivement de répondre à ce nouveau modèle de croissance économique. D’une part, il répond aux nouvelles exigences du trafic aérien et au développement économique de la région. Un certain nombre d’arguments ont été présentés. Je ne les reprendrai pas, je répondrai quand même à certains contre-arguments qui me paraissent un peu de mauvaise foi, en particulier un contre-argument concernant l’augmentation du coût du pétrole.

Certes, le pétrole a augmenté, mais cela n’a pas entraîné une baisse du trafic aérien. La courbe est croissante. D’autre part, petit rappel, le prix du carburant ne concerne que 15 à 20 % du prix du billet. Enfin, dernier argument, le transport aérien qui n’est pas le seul transport – nous le reconnaissons – comme le transport automobile, fait partie des éléments qui continueront sans doute à se développer, avec substitution d’autres carburants au kérosène actuel. Il y a des recherches qui sont en cours. C’est sur ces recherches qu’il faut travailler et non pas sur l’annulation du transport aérien qui nous paraît complètement utopique et relever d’une logique de la décroissance, même si nous n’accusons pas nos opposants de décroissance.

Aujourd’hui, il faut rappeler que toutes les grandes villes européennes font des efforts pour moderniser leurs capacités d’accueil et s’intégrer dans un réseau de dimension internationale. Cette dimension internationale apparaît absolument indispensable au développement et de Nantes et du Grand Ouest. Je vous rappelle qu’il y aura un million d’habitants supplémentaires dans l’ensemble du Grand Ouest d’ici 2030.

Notre région bénéficiera ainsi d’une porte d’entrée vers l’Europe et vers l’international, argument plus qu’attractif pour l’implantation de nouvelles entreprises sur notre territoire. Ne nous y trompons pas, refuser ce transfert, c’est envoyer un signal négatif à tous les acteurs économiques qui voudront s’installer dans la région nantaise.

Un dernier argument a été évoqué. Je n’évoquerais pas l’argument de la saturation de l’aéroport actuel, mais j’évoquerais l’argument de la saturation de l’aéroport Roissy. Le problème est de savoir si on veut tout concentrer sur Roissy, créer un troisième aéroport à Paris ou si on veut un développement harmonieux de l’ensemble du territoire national.

Enfin, deuxième aspect, c’est un projet respectueux de l’environnement, en tous les cas beaucoup plus respectueux que ne l’était l’aéroport de Château-Bougon, tout simplement pour des raisons d’époque. Je rappelle qu’il s’agit du premier aéroport HQE intégrant dans l’ensemble de ses infrastructures des considérations écologiques : véhicules électriques sur la plateforme aéroportuaire, usage des énergies renouvelables, temps de roulage des avions diminué, etc.

Par ailleurs, dans ce nouvel aéroport, les nuisances de bruit ne concerneront qu’un petit millier de personnes, alors qu’actuellement, elles concernent 42 000 personnes. S’il y avait la création d’une piste supplémentaire, comme cela a été dit, 10 000 personnes nouvelles seraient importunées par les nuisances sonores.

Enfin, ce projet a été mûrement réfléchi et a fait l’objet d’une large concertation. Les études ont commencé en 1965, elles sont très anciennes. En 1974, a été créée la zone d’aménagement différé de 1 225 hectares, opération par laquelle le Département de Loire-Atlantique s’est porté acquéreur des terrains nécessaires, répartis sur quatre communes. Depuis cette date, l’emplacement même du futur aéroport est donc connu des habitants de la région et de ceux qui sont arrivés depuis. La mise en œuvre de ce projet n’est finalement pas une surprise. Le nombre de consultations a été rappelé, le nombre de débats publics aussi et le nombre de pétitions. On ne peut donc pas dire que cette décision vienne d’en-haut et soit complètement subite.

En conclusion, je crois qu’il est désormais nécessaire et temps de nous tourner de façon définitive vers l’avenir. Donc, travaillons ensemble à la réalisation équilibrée et responsable de ce nouvel aéroport. Travaillons dans trois directions.

Première direction : l’aménagement en profondeur des espaces libérés par Château-Bougon, qui doivent combiner à la fois la création de logements et donc lutter contre l’étalement, mais aussi l’implantation d’entreprises de pointe qui viendront en appui du site West Composites Park.

Deuxième orientation : veiller à ce qu’il y ait un maintien de la coupure agro-environnementale qui a été proposée. C’est vrai qu’il y a un risque d’étalement urbain et il faut lutter contre.

Enfin, troisième point : il faut faire en sorte que soient aménagées des voies d’accès en transport en commun, à la fois fiables, rapides et écologiques – j’insisterai juste sur un point – de façon à limiter au possible l’implantation des parkings totalement inutiles, très rentables pour les sociétés concessionnaires d’exploitation, mais très chers pour les utilisateurs et très coûteux pour l’ensemble de la population. Je vous remercie.

M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci, Madame Meyer. Je rappelle le règlement, il faut éviter de dépasser le temps de parole qui est le même pour chacun. Monsieur Magnen, vous avez la parole.

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Conseil municipal, octobre 2009

Débat thématique sur "Le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, quel intérêt pour les Nantais?"- Séance du Conseil municipal du vendredi 16 octobre 2009.


Introduction par Jean-Marc Ayrault,
député-maire de Nantes

 

Interventions de:

Conclusion de M. AYRAULT

Mis à jour le 20/04/10