Mairie
Séance du Conseil municipal, octobre 2009
"Le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, quel intérêt pour les Nantais?"
Mme CHIRON, Adjointe – Mesdames, Messieurs, chers collègues, nous sommes aujourd’hui le 16 octobre 2009, à 63 jours à peine de la conférence sur le climat de Copenhague. Monsieur Bainvel l’avait rappelé ce matin. Cette année se doit d’être décisive dans notre lutte contre le réchauffement climatique. C’est d’ailleurs bien sur ce principe que nous avons voté ce matin à l’unanimité le vœu pour l’ultimatum climatique. Pour réussir en effet le rendez-vous de Copenhague, nous avons besoin que les collectivités s’engagent.
Elles concentrent en effet 70 % des gaz à effet de serre et sont l’échelle d’action la plus pertinente pour faire de la réduction de nos émissions de CO2 une réalité.
Forts de cette responsabilité, nous avons, à Nantes et Nantes Métropole, engagé des actions importantes pour réduire notre empreinte écologique et ce à travers toutes nos politiques publiques. Dès 2006, nous avons adopté un Plan Climat ambitieux que nous sommes en train d’actualiser d’ailleurs pour le rendre encore plus efficace et plus performant.
C’est avec cette même détermination que nous avons mis en œuvre un plan d’action Energie, avec des exemples de réalisations concrètes : la centrale photovoltaïque, les réseaux de chaleur au bois, les efforts financiers dégagés pour permettre des économies sur les factures énergétiques des ménages.
Enfin, avec la révision du Plan de déplacement urbain, nous faisons de même. Nous valorisons les actions déjà engagées de transport en commun et poursuivons notre effort pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Car c’est un fait, en voiture, nous émettons en moyenne, 1,5 fois plus de CO2 qu’en transport en commun et convenons-en infiniment plus encore que si nous prenions notre vélo.
Nos actions sont cohérentes, engagées et volontaires sur le territoire de Nantes et de Nantes Métropole. Nous allégeons, grâce à nos politiques publiques, la facture et l’empreinte énergétique de notre collectivité.
Le projet d’un nouvel aéroport ne nous semble donc pas rentrer dans cette logique qui pourtant, anime notre action à Nantes et à Nantes Métropole. J’irais même plus loin, ce projet est incohérent. Toutes les associations environnementales nationales, les mêmes qui nous ont demandé ce matin de signer l’ultimatum climatique, pointent du doigt le projet de Notre-Dame-des-Landes comme l’un des principaux projets gouvernementaux Grenello-incompatibles. Il est surtout totalement contraire avec la négociation d’objectifs ambitieux fixés à Copenhague.
L’Union européenne se bat aujourd’hui pour intégrer le transport aérien au second protocole de Kyoto. La stratégie européenne, régulièrement explicitée, est de faire basculer une partie du trafic de l’Europe de l’ouest vers l’Europe de l’est pour rester à émissions constantes. Le train sera ainsi de plus en plus encouragé sur l’ouest de l’Europe, ce qu’a bien compris Air France puisqu’il a déjà acheté plusieurs rames de TGV.
Je ne peux donc que m’étonner qu’après notre engagement collectif de ce matin, nous soyons cet après-midi en train de débattre d’un projet de nouvel aéroport datant des années 70 et décrié par les environnementalistes qui ont participé aux travaux du Grenelle.
Concernant le plan d’exposition au bruit et les chiffres qui nous ont été présentés, je voudrais préciser qu’avec le remplacement des avions les plus bruyants actuellement, avec la baisse du nombre de vols de nuit, les nuisances sonores sont moindres aujourd’hui qu’il y a dix ans.
Enfin, on voudrait nous faire croire à un relooking moderne de ce projet en construisant un futur aéroport HQE. Un aéroport HQE économe en énergie, permettez-moi, ce serait comme nous faire croire à un kouign-amann sans beurre ! C’est vraiment un leurre.
Malheureusement, la peinture verte risque de bien vite s’écailler. Soyons sérieux. L’optimisation de l’existant est bien la base du développement durable. J’insiste. L’optimisation de l’existant est bien la base du développement durable. C’est à la fois une économie de moyens, d’énergie et d’espace. Il ne reste plus que trois kilomètres, peut-être moins, à prolonger pour relier le réseau existant à l’aéroport Nantes Atlantique. Combien faudra-t-il en créer pour rejoindre Notre-Dame-des-Landes ? On a parlé de plus de 22 kilomètres.
Nicolas Sarkozy ferait donc mieux de donner un mandat clair et ambitieux à la délégation française pour Copenhague plutôt que de s’aventurer sur le maintien d’un projet écologiquement et financièrement effarant.
L’écologie politique interroge notre modèle de développement. Pour nous, les Verts, elle apporte des réponses nouvelles aux défis auxquels nous sommes confrontés. Il nous semble urgent de faire progresser notre société vers une sobriété énergétique, d’aller de l’avant et d’œuvrer vers une transformation écologique de notre économie. Je vous remercie.
M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci. Monsieur Lannuzel.
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