Mairie
Séance du Conseil municipal, octobre 2009
"Le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, quel intérêt pour les Nantais?"
M. LANNUZEL, Adjoint – Monsieur le Maire, chers collègues, c’est un arrêté ministériel du 9 octobre 2003 qui précise le projet et lance sa mise à l’étude, à l’issue d’un débat riche de plus de 16 réunions publiques, de la participation de plus de 7 400 personnes, représentant plus de 170 heures de débat et 1 860 questions. Nul ne peut prétendre ici que le débat contradictoire n’a pas eu lieu, y compris celles et ceux qui ont défendu – c’est leur droit – l’éventualité d’une nouvelle piste transversale orientée est-ouest.
Je voudrais tout d’abord dire que certains opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes jouent sur les peurs des gens. Comment interpréter autrement l’instrumentalisation de fantasmes individuels d’habitants s’alarmant du devenir de leur pré-carré au mépris de l’intérêt général, pour théoriser sur le devenir de la planète et la fin imaginaire du trafic aérien au nom d’une vision régressive de la société ?
« Le transfert de l’aéroport, quel intérêt pour les Nantais ? », suggère l’opposition. Il est à espérer que les auteurs de la question n’imaginent pas qu’un tel projet puisse relever du seul intérêt de la ville de Nantes, mais Madame Jozan nous a rassurés sur ce sujet.
Outre le fait que l’Etat est initiateur d’un projet vieux de près de quarante ans et que c’est à lui d’en assumer la réalisation, le transfert aéroportuaire interroge toute une vision de l’aménagement du territoire national. Il est au cœur des perspectives de développement de toute la grande région ouest.
Pour les élus communistes, il ne saurait y avoir de réponse durable aux besoins humains de notre région, y compris en termes d’emploi et de protection de l’environnement, sans projet de développement. Celles et ceux qui font le choix de la décroissance font celui de la régression et du déclin. Ils refusent de concevoir que les idées de progrès puissent se conjuguer avec le développement durable de notre territoire.
Le trafic aérien international pour les longues distances est appelé, quoi qu’en disent certains, à se développer, dans un contexte d’accroissement très sensible de la démographie du Grand Ouest. Ce mode de transport est celui qui pollue le moins. Rappelons que globalement, il représente 1 % des émissions de gaz à effet de serre contre 27,6 % pour le transport routier.
En outre, je dois aussi rappeler que la recherche aéronautique montre que des alternatives au kérosène existent – mon collègue Alexandre Mazzorana l’a expliqué – comme en témoignent certains vols expérimentaux avec 50 % de carburant alternatif. Je pense aussi au moteur à hydrogène, aux piles à combustible, aux carburants à base de gaz naturel, à la biomasse et autres huiles d’algue.
Les pouvoirs publics ont la responsabilité d’anticiper sur les besoins de développement du trafic aérien. Le projet de Notre-Dame-des-Landes s’inscrit dans cet objectif. Outre le fait qu’il règle les préoccupations de nombre d’habitants de notre agglomération en matière de sécurité, il permet de résorber un plan d’exposition au bruit qui concerne aujourd’hui plus de 41 000 personnes, voire 11 000 de plus à brève échéance, contre 2 700 à Notre-Dame-des-Landes.
Notre majorité municipale s’enorgueillit à juste raison d’un Plan local de l’Habitat ambitieux pour notre agglomération. La réponse au besoin de logements sociaux ou en accession sociale à la propriété implique une réflexion sur l’offre à développer en milieu urbain, si nous voulons résister à l’étalement à l’infini d’une aire urbaine déjà amplement densifiée.
Or, il faut le dire ici, à l’heure où l’on discute du PLH pour les prochaines années, le maintien sur son site actuel de l’aéroport de Nantes Atlantique hypothèque grandement une partie non négligeable du projet d’aménagement urbain de l’Ile de Nantes, sans parler d’autres communes du sud-Loire au sein de l’agglomération.
Comme je l’ai dit au début de cette intervention, pour les élus communistes, le développement économique est intimement lié au devenir de l’emploi, en particulier de l’emploi industriel dans notre agglomération. A maintes reprises, nous avons manifesté ici, comme à Nantes Métropole, nos inquiétudes quant à la régression en proportion de l’emploi industriel. Or, nous avons à Nantes la chance de disposer d’un atout exceptionnel. Je veux parler du fleuron que constitue l’industrie aéronautique. Depuis 75 ans, on construit des avions à Bouguenais.
Airbus constitue aujourd’hui une activité pionnière, avec la construction du futur A350 et bénéficie d’une plateforme technologique particulièrement novatrice, consacrée aux matériaux composites. Le transfert de l’aéroport est essentiel pour le développement régional. Le directeur d’Airbus Bouguenais en convient lui-même. Nous devons cependant faire face aux exigences qu’implique la fermeture de la piste de Bouguenais. L’usine livre aujourd’hui plus de 500 caissons par mois qui, pour la majeure partie d’entre eux, sont transportés par Bélouga.
L’acheminement de ces tronçons par la voie fluviale implique des aménagements qu’il nous faut dès maintenant prévoir. Les salariés d’Airbus sont attachés à juste raison au développement de cette activité que le groupe pourrait être tenté de sous-traiter pour concentrer son activité sur le composite.
Le transfert de l’aéroport n’a rien à voir avec le développement industriel d’Airbus. Les élus communistes ne laisseront pas utiliser le faux argument du transfert pour justifier les stratégies de groupe faisant parfois peu de cas de l’emploi industriel dans notre pays.
Pour conclure, le transfert de l’aéroport peut être pour nous un élément important permettant le développement économique d’une zone de plus de 300 hectares. Nous n’avons pas le droit en tant qu’élus responsables, d’en négliger l’opportunité. Je vous remercie.
M. LE DEPUTE-MAIRE – Merci, Monsieur Lannuzel. Monsieur Rimbert, dernier inscrit.
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