Mairie
Nantes sous les bombes
des 16 et 23 septembre 1943
Il y a 66 ans, Nantes sous les bombes
Mercredi 16 septembre 2009, ont lieu les cérémonies commémoratives des Bombardements de Nantes des 16 et 23 septembre 1943.
Il y a soixante six ans, des centaines de bombes ravagèrent la Ville en quelques minutes, faisant 1463 morts et 2500 blessés. En commémoration de ces douloureux événements et comme chaque année, la Ville de Nantes honorera la mémoire de nos concitoyens, victimes de ces bombardements. Monsieur Jean-Marc Ayrault, Député-maire de Nantes, invite la population à s'associer aux manifestations prévues dont le déroulement s'effectue comme suit:
10h: Ancien local de la Défense Passive, Hôtel Rosmadec, Mairie Centrale
Hommage aux membres de la Défense Passive Victimes du Devoir
10h45: Cimetière de la Chauvinière
Hommage aux victimes des bombardements
Deux cars sont mis à disposition des participants au départ de l'Hôtel de Ville.
Renseignements : 02 40 41 90 00.
Nantes sous les bombes pendant la Seconde guerre mondiale
Du 27 juillet 1940 au 2 août 1944, Nantes subit 28 attaques aériennes. Les 16 et 23 septembre 1943, Nantes subit deux attaques aériennes particulièrement dramatiques, effectuées par des unités américaines. Entre 1000 et 1500 bombes sont larguées visant, en principe, les infrastructures portuaires et industrielles.
Les 16 et 23 septembre restent et resteront encore longtemps pour les Nantais des dates synonymes de cauchemar et de douleur. Des centaines de bombes ravagèrent la ville de Nantes, faisant 1 463 victimes et 2 500 blessés. 700 maisons et immeubles sont détruits et près de 3 000 inhabitables. Beaucoup d'interrogations seront soulevées après la libération de la ville, le 14 août 1944.
Pourquoi un tel déluge de feu et d'acier s'est-il abattu sur Nantes ? Pourquoi l'aviation anglaise et américaine s'est-elle acharnée sur la cité des ducs ? Ces raids étaient-ils un sacrifice nécessaire pour vaincre l'occupant ? Quels étaient les objectifs assignés à ces déferlantes aériennes ?
Cette stratégie qui consiste à lancer des offensives de bombardiers lourds sur des cibles économiques, industrielles et militaires est, aux yeux de Churchill et du commandement allié le moyen de mettre fin au conflit avec l'Allemagne nazie.
Nantes constitue un objectif de choix avec son port et ses chantiers navals, ses industries et sa place dans le dispositif militaire allemand.
A partir de 1941, des bombardements sporadiques frappent Nantes et la zone portuaire. Le raid le plus spectaculaire a lieu le 23 mars 1943 lorsqu'une escadrille composée de 11 bombardiers de type Mosquitos détruisent une partie de l'usine des Batignolles qui produit des locomotives pour le front de l'Est. Les ouvriers, prévenus trop tard, compteront 33 morts. Mais comparée à Saint-Nazaire, avec sa base sous-marine, la ville de Nantes est encore relativement épargnée.
En 1943, cette "impunité" prend tragiquement fin les 16 et 23 septembre. Les bombes américaines des unités de la 8° Air Force, commandées par le général Travis, vont ravager Nantes. Le bombardement est décidé après une intense période de raids sur l'Allemagne au cours de laquelle l'aviation américaine avait subi de lourdes pertes. La 8° Air Force tente de mettre à profit ce répit pour se réorganiser et incorporer de nouveaux équipages, peu aguerris. Des missions moins meurtrières sont programmées. C'est un bateau de support logistique de sous-marins basés à Saint-Nazaire, amarré quai Ernest-Renaud, qui désigne Nantes comme objectif de l'un de ces raids.
16 septembre.
En cette fin de journée, les Nantais sont nombreux à s'affairer. Malgré les alertes qui retentissent, c'est vers Saint-Nazaire que se dirigent les bombardiers... pensent les Nantais, habitués à ces ballets aériens.
Pourtant... Le premier largage est effectué à 16h02, d'une altitude de 5 000 mètres, par un bombardier qui, localisant très mal son objectif, lâche ses bombes trop tôt, autour du parc de Procé, à trois kilomètres en amont du site visé. Les deux vagues suivantes, déportées vers l'ouest, pilonnent le port à hauteur de Chantenay, alors que deux autres, déroutées, arrosent l'aéroport de Château-Bougon.
Enfin, l'un des derniers groupes de l'escadrille manque également son objectif et libère toute sa cargaison de bombe sur le centre de Nantes. Une déferlante meurtrière s'abat sur la ville, balayée par le souffle infernal des bombes incendiaires et à gaz.
Ce déluge de fer n'a duré qu'à peine plus de 15 minutes. Mais les rues offrent un visage apocalyptique. C'est dans ces conditions que les secours tentent de s'organiser car le bilan humain et matériel et très lourd. La population est traumatisée.
23 septembre.
Six groupes de la 80 Air Force reçoivent une mission : destination Nantes. Ils décollent à 5h45. Le célèbre acteur Clark Gable fait partie de l'escadrille et accomplit là sa dernière mission de combat, avec le tournage d'un film de propagande. 9h14: l'alerte est déclenchée. Le raid débute par le bombardement du port, la gare de l'Etat et Chantenay et Sainte-Anne. Le port est lourdement touché ainsi que les chantiers navals. 18h55 : une seconde alerte retentit. C'est la première fois qu'un objectif est bombardé deux fois le même jour. Par erreur, des bombes sont encore larguées sur le centre de Nantes. Cette deuxième vague dévaste les mêmes quartiers que celle du 16 tout en débordant vers l'est et Saint-Donatien. Symbole du centre-ville, les magasins Decré ne sont plus qu'un immense squelette d'acier, terrassé.
Le bilan de ces deux journées est effroyable.
1463 victimes et 2500 blessés sont dénombrés. 700 maisons et immeubles sont détruits et près de 3000 inhabitables. On estime entre 1000 et 1500 le nombre de bombes larguées sur Nantes au cours des trois raids aériens. Une grand partie du centre-ville et des quartiers périphériques est à reconstruire. Les infrastructures portuaires et industrielles sont lourdement touchées.
Le prix payé par Nantes pour retrouver la liberté est un véritable sacrifice.