Le musée Jules Verne de Nantes

Présentation du musée

Le musée

A l'endroit où "Jules Verne a dû venir bien souvent contempler de cette hauteur le fleuve, là où il devient la porte du large et le chemin de l'aventure" (Julien Gracq, La Forme d'une ville), la Ville de Nantes a décidé en 1978, 150e anniversaire de sa naissance, de consacrer un musée à l'écrivain afin de restituer au public la richesse de ses collections verniennes.
Livres, manuscrits, documents, extraits des œuvres et illustrations, affiches, jeux et objets, invitent à un "voyage au centre de l'écriture vernienne".

Le musée Jules Verne s'offre aux visiteurs dans le site naturellement vernien de la butte Sainte-Anne

C'est point de départ et d'arrivée de nombreux voyages au long cours" , située à égale distance de Los Angeles et de Vladivostok...

La rénovation du bâtiment dans le cadre du centenaire de l'année Jules Verne en 2005 s'accompagnait d'un nouveau parcours muséographique avec supports multimédias. Ce parcours s'attache à faire connaître l'œuvre dans sa richesse et sa diversité en donnant à comprendre comment

Livres voyages extraordinaires

Nantes fut le creuset de l'œuvre vernienne : le visiteur pourra ainsi suivre ligne à ligne l'élaboration de l'œuvre à travers le "trésor des manuscrits".
Cette démarche muséographique s'appuie sur les recherches les plus récentes auxquelles prend part le Centre d'études verniennes.


De la rénovation au nouveau parcours muséographique

En 2005, la rénovation a été conduite par Claire Bernard de Courville, architecte de la Ville, avec les bureaux d’étude du BATI et l’Atelier municipal, en lien avec Agnès Marcetteau, directrice de la Bibliothèque municipale et du musée.
Le bâtiment a été mis aux normes de sécurité, rendu accessible aux personnes handicapées et il bénéficie d’un confort accru pour les visiteurs.

La nouvelle scénographie, qui optimise tous les espaces, met en valeur les fac-similés des manuscrits et les différents documents - livres, extraits des œuvres et illustrations, affiches, jeux et objets - par de nouveaux mobiliers et un nouvel éclairage.
Elle s’appuie également sur des objets ayant appartenu à l’écrivain et légués par ses descendants et s’accompagne de supports multimédias pour satisfaire les nouvelles pratiques du public, en particulier du public jeune.
Le parcours muséographique est donc un véritable “voyage au centre de l’écriture vernienne” s’attachant à faire connaître l’œuvre dans sa richesse et sa diversité. Il ménage des temps d’arrêt pour permettre au visiteur un véritable contact avec les collections et crée à chaque fois une ambiance en rapport avec le temps de la salle.

Interieur du musée

Après le “salon” où sont accrochés les portraits de Jules Verne et de sa femme Honorine, les salles évoquent successivement l’enfance et l’environnement familial de l’écrivain ainsi que Chantenay avec un télescope tourné vers la Loire ; la mer et la navigation source de “ce long désir du monde” chez Jules Verne selon l’expression de Michel Butor ; le “système Hetzel” dans un décor de librairie du 19e siècle avec affiches, cartonnages, catalogues… ; l’univers romanesque des Mondes connus et inconnus avec le globe de Jules Verne, des maquettes de machines extraordinaires, le Nautilus, l’espace vu de Autour de la Lune ; les adaptations théâtrales de quelques-uns des Voyages extraordinaires. Le parcours se termine par un salon de lecture et une salle audiovisuelle.

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La visite du musée pas à pas.

Le salon de Jules Verne.

Le vieillard à barbe blanche passé à la postérité tel que l’a représenté Wertheimer, “avec un visage qui rappelle celui de Victor Hugo”, accueille le visiteur aux côtés de sa femme Honorine de Viane portraiturée par De Coninck. Les sièges et la pendule provenant de son salon, la vaisselle, offerts à la Ville de Nantes par ses descendants évoquent le décor – “la pièce d’un homme aisé et qui a des loisirs, mais sans ostentation” - où furent reçus les journalistes venus d’Amérique, d’Angleterre, d’Italie, d’Allemagne ou plus simplement de France pour s’entretenir avec le déjà très célèbre romancier.

Aux sources du rêve.

Rédigeant à la demande du Youth’s Companion de Boston le seul texte autobiographique qu’il ait jamais écrit afin d’expliquer comment lui “vint cette vocation d’écrire”, Jules Verne se tourne vers son “enfance très heureuse”,
cette “famille aussi nombreuse qu’unie”, où l’on tenait “en grand honneur
les lettres et arts”.

Interieur du musée

Auprès d’un père féru de littérature et curieux de science, et d’une mère à l’imagination débordante – “l’imagination Allotte ! Il n’y a pas de locomotive Crampton, d’étincelle électrique qui puisse lutter de vitesse avec elle !”, écrira-t-il à vingt ans – les dispositions artistiques du jeune homme s’épanouissent dans un environnement propice au rêve : “dès l’âge de douze ou quatorze ans, j’avais toujours un crayon sur moi et du temps où j’allais à l’école, je n’arrêtais pas d’écrire, travaillant surtout la poésie”.
Sous les fenêtres de la famille Verne se déploie l’activité portuaire. A Chantenay, il robinsonne d’île en île de Loire, et ne manque pas une occasion de visiter les arsenaux de la marine à Indret, fasciné par le fonctionnement des machines. Toutes les composantes du rêve sont en place. Les premiers souvenirs transmis intacts à l’adulte par un enfant rêveur sont bien le creuset de l’œuvre à venir.

La mer toujours renouvelée.

Première expression de ce “long désir du monde” dont a si bien parlé Michel Butor pour caractériser l’œuvre de Jules Verne, la mer et la navigation resteront cet horizon inaccessible et toujours poursuivi, appel enivrant de l’aventure plus fort que la réalité même, espace onirique, lieu idéal de merveilleux mondes imaginaires. S’il n’avait pas été l’heureux propriétaire de trois bateaux successifs, jusqu’au Saint-Michel III, “charmant yacht à vapeur, long de trente-trois mètres” acheté 55.000 francs or à Nantes en 1877 sur un coup de cœur, Jules Verne serait-il devenu le romancier des sept mers qui décrit des voyages maritimes dans plus de la moitié des Voyages extraordinaires et dans quatre d’entre eux – Vingt mille lieues sous les mers, Les Enfants du capitaine Grant, Le Tour du monde en quatre-vingts jours et Mirifiques aventures de maître Antifer – en fait le principal vecteur d’un tour du monde ?

Les deux Jules.

Lorsque Jules Verne part poursuivre ses études à Paris en 1847, les jeux sont faits : “La littérature avant tout, puisque là seulement je puis réussir, puisque mon esprit est invariablement fixé sur ce point !” Inébranlable dans sa détermination même quand il semble y renoncer pour une charge d’agent de change et un mariage de convenance, soutenu par des parents inquiets mais compréhensifs, il mettra quinze ans à trouver sa voie, alliant formes littéraires conventionnelles et recherche de “systèmes nouveaux” dans une stratégie d’écriture dont il ne se départira plus.

Interieur du musée

En 1862 il propose à l’éditeur Pierre-Jules Hetzel, que son engagement dans les événements de 1848 avait contraint à l’exil et qui venait tout juste de rentrer à Paris, le récit d’Un voyage dans les airs. Publié l’année suivante sous le titre de Cinq semaines en ballon, le roman connaît un succès immédiat, et lance la série des Voyages extraordinaires, à laquelle Jules Verne lié à la maison Hetzel par cinq contrats successifs va consacrer le reste de sa vie.
Cette relation entre l’auteur et son éditeur, «probablement sans autre exemple dans la littérature française”, est toujours abondamment commentée. Certes Hetzel est continûment intervenu dans le processus rédactionnel, corrigeant le style, donnant son avis sur l’intrigue et les personnages, refusant des situations qui seraient venues à l’encontre de son programme idéologique ou de ses intérêts commerciaux. Mais entre eux c’est en fait un véritable rapport dialectique qui s’instaure. Le talent de Jules Verne, qui résista d’ailleurs à bien des demandes, est stimulé par les “colères au crayon” de son éditeur. Celui-ci, en assumant les charges de la maison d’édition et le travail commercial, assure en outre à l’auteur les conditions d’un travail régulier et continu, c’est-à-dire d’une création sereine en lui permettant de vivre de sa plume. Sa politique commerciale avisée, son sens remarquable du marketing contribuent largement au succès de l’auteur. Affiches et cartonnages d’Etrennes constituent en effet de formidables outils promotionnels. On lui est enfin redevable des illustrations qui accompagnent les romans et en renforcent si bien la force d’évocation : fonctionnant comme autant de fenêtres directement ouvertes sur le rêve, elles en sont devenues le complément indispensable.

Les mondes connus et inconnus.

Sur et sous la terre, sur et sous les mers, dans l’air et à travers l’espace, va ainsi peu à peu s’élaborer l’encyclopédie romanesque des “mondes connus et inconnus” que constituent Les Voyages extraordinaires. Exact contemporain des grandes découvertes de la deuxième moitié du 19e siècle, Jules Verne effectue “un parcours systématique du globe”, que l’on peut suivre sur la surface usée de son globe terrestre. Déplacement, aventure, connaissance et quête de soi-même sont les quatre sens de l’écriture vernienne. Exerçant son regard au moment où se dessinent les contours de notre monde actuel, où se mettent en place le village mondial et les problématiques qui y sont liées, il est un témoin essentiel qui nous aide à mieux comprendre ce que nous sommes devenus.
Pour mener à bien un tel projet Jules Verne s’est appuyé sur une sensibilité lyrique qui peut aller jusqu’à l’exaltation, aussi bien que sur un sens de l’humour pratiqué depuis l’enfance, qui résiste mal à l’esprit potache mais fait le plus souvent mouche, et sur l’habileté de l’auteur dramatique qu’il est toujours resté. Le fantastique, d’autant plus fort qu’il est contenu par le souci de vraisemblance, est toujours sous-jacent et omniprésent. Il surgit de la description des machines extraordinaires imaginées par Jules Verne pour servir de véhicules à ses voyages : chambre des machines “nettement éclairée” du Nautilus, grand vaisseau “en papier de paille, devenu métal sous la pression” de l’Albatros. Un grand souffle tellurique traverse l’œuvre, en s’appuyant en permanence sur les quatre éléments – air, eau, feu et terre – et les mythes fondateurs qui y sont liés.

Interieur du musée

Les Voyages au théâtre.

Publié en feuilleton dans le journal Le temps en 1872, Le tour du monde en quatre-vingts jours fut le best-seller de Jules Verne. A la première édition vendue à 108.000 exemplaires succédèrent éditions illustrées, rééditions, traductions, adaptations cinématographiques et télévisées, dessins animés… La première de ces adaptations fut l’œuvre de Jules Verne lui-même, qui, renouant avec sa première vocation, transforma le roman en pièce de théâtre à grand spectacle en collaboration avec Adolphe Dennery. Les représentations triomphales qui remplirent le théâtre de la Porte Saint-Martin, puis celui du Châtelet, augmentèrent la célébrité de Jules Verne et lui apportèrent l’aisance financière. Les nombreux “produits dérivés” inspirés du roman et de la pièce (jeux de société, puzzles, plaques de lanterne magique …) témoignent aussi de ce succès, et ne sont que le début d’une longue série qui se poursuit toujours.
L’expérience sera renouvelée, avec le même succès, pour Michel Strogoff et Les enfants du capitaine Grant.

Un salon de lecture.

Un salon de lecture, une salle audiovisuelle et le monde des jeux inspirés par les romans complètent la visite.

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