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[Vidéo] Plus de 500 millions d’euros pour rénover 4 quartiers prioritaires de Nantes Métropole

Aménagement aire de jeux chemin piéton entre rue du Cantal et rue de Bordeaux

L’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) s’est engagée à apporter 158,5 millions d’euros pour transformer Bellevue, Bottière Pin Sec et Nantes Nord, avec une aide complémentaire pour les Dervallières. Un soutien fort, à la hauteur de la mobilisation en faveur de ces quartiers populaires.

Ce mercredi 3 octobre à la médiathèque Lisa-Bresner, «signal fort du renouveau de Bellevue », le président de l’Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru) Olivier Klein, la préfète Nicole Klein, le maire de Nantes Johanna Rolland et le maire de Saint-Herblain Bertrand Affilé ont signé l’engagement du nouveau programme de renouvellement urbain sur la métropole nantaise, avec l’ensemble des partenaires. A la clé, une aide de 158,5 millions d’euros de l’État pour boucler le financement des projets de transformation de Bellevue, Nantes Nord et Bottière Pin Sec - reconnus parmi les quartiers « priorité nationale » - et une subvention complémentaire pour achever le renouvellement des Dervallières.

Un effort sans précédent

Le soutien de l’Agence nationale de la rénovation urbaine, « le plus important crédit accordé par l’Anru à une métropole française », est à la hauteur de la mobilisation des différents partenaires. Ces quatre projets représentent un investissement total de 568,9 millions d’euros jusqu’en 2024 (533 M€ pour les 3 quartiers « priorité nationale »). Le complément étant apporté par Nantes Métropole, les Villes de Nantes et Saint-Herblain, les aménageurs et huit bailleurs sociaux qui investiront à eux seuls 236 millions d’euros.

En jeu ? La transformation profonde de ces quartiers populaires, l’amélioration du cadre et de la qualité de vie pour près de 40 000 habitants. Les chiffres donnent la mesure de l’intervention programmée : 800 démolitions, 2700 logements réhabilités et 1630 logements créés…

« On a tous le droit à la même qualité de ville »

« Les violences et des dégradations qui ont touché certains quartiers nantais au début de l’été montrent qu’il y a urgence à agir  », insiste Johanna Rolland. « Nantes est une métropole dynamique, avec l’un des taux de chômage les plus bas de France (6,8%), mais certains quartiers décrochent alors qu’ils regorgent d’envies et de talents. » A Bottière Pin-Sec, sur le Grand Bellevue, Nantes Nord ou aux Dervallières, les habitants vivant sous le seuil de pauvreté sont 4 fois plus nombreux et le taux de chômage deux fois plus élevé que dans le reste de l’agglomération. Ces quartiers comptent également deux fois plus de jeunes sortis du système scolaire sans diplôme et les inégalités face à la santé notamment sont plus fortes qu’ailleurs. « Nous devons avoir la même ambition pour toute la métropole », poursuit le maire de Nantes. « C’est une question d’équité. Tout le monde a le droit à la même qualité de vie, le droit aux mêmes opportunités, en matière de logement, d’emploi, d’éducation, de formation, d’accès aux soins, de qualité de l’espace public… »

Habitat, emploi, santé, éducation, sécurité

L’Anru a tiré les leçons de 30 ans de politique de la ville. « Ce nouveau programme de rénovation doit nous permettre d’achever ce qui a été engagé », indique son président. « A Nantes, l’inclusion des quartiers dans la ville, par le tramway, la culture et l’éducation, est déjà exemplaire ». « Il faut aller plus loin », insiste Johanna Rolland, « en apportant des réponses urbaines certes, mais avant tout humaines ».

Pour y parvenir, les projets Grand Bellevue, Nantes Nord, Bottière Pin Sec et  Dervallières – co-construits depuis trois ans dans un dialogue entre paysagistes et urbanistes, habitants et associations, acteurs économique et sociaux - concilient des mesures en faveur de l’habitat à des actions pour développer l’emploi, améliorer l’accès aux soins, à l’éducation et à la culture, relancer la cohésion sociale, et assurer la sécurité, première demande des habitants.

Le soutien de l’Anru étant acquis, certains transformations vont s’engager rapidement, notamment à Bellevue où les habitants de la Tour du Doubs ont été relogés afin de réhabiliter l’immeuble et en faire « un phare du quartier » à l’horizon 2020. D’autres prendront plus de temps. «Nous partons pour 10 ans de projet », rappelle Johanna Rolland. « Pas de copié collé », souligne-t-elle. Chaque projet est singulier, « on fait du sur-mesure».

Tout d’horizon des transformations programmées:

© Anru.

Grand Bellevue : 4 secteurs prioritaires

Sur ce grand quartier des années 60 où vivent près de 20 000 habitants, l’intervention portera en priorité sur quatre secteurs : la place Mendès-France, destinée à devenir le coeur actif du Grand-Bellevue avec son marché, de nouveaux commerces, un mail vert et un centre  d’affaires ; les Lauriers ; l’axe Romain-Rolland ; et la Bernardière. Le projet démarre par un secteur emblématique, qui cristallise les difficultés : la place des Lauriers. Dès le mois de novembre, les pelleteuses vont grignoter l’ancienne dalle de béton de la place. Sa démolition, avec plusieurs cages d’escaliers  rue du Doubs et rue du Gers, a été décidée sur la base des recommandations d’un atelier citoyen. A la place, un square verra le jour autour de la Maison des habitants et du citoyen ainsi que de nouveaux immeubles à taille humaine. Une première résidence de 41 logements en accession abordable est en construction et sera livrée fin 2019 rue Firmin-Colas. Juste à côté, la tour du Doubs, signal d’entrée dans le quartier avec ses 15 étages, sera entièrement réhabilitée à l’horizon 2020. « Nous avons l’ambition d’y accueillir un grand équipement culturel, pour en faire un phare du quartier », annonce Johanna Rolland. Nantes Métropole travaille également à la conception de la future maison de santé et à la mise en valeur des espaces verts. Le réaménagement du parc de la Meta débute en octobre 2018. A l’échelle du grand quartier, 4 hectares d’espaces verts seront réaménagés et de nouveaux équipements publics réalisés : un gymnase, une crèche intercommunale… Une cours artisanale est également en projet.


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Nantes Nord : l’atout vert

Les « quartiers Nord » de Nantes forment une mosaïque de micro-quartiers, dotés de vrais atouts comme la proximité du campus, de la vallée de l’Erdre, du Gesvre et du Cens. Après une première intervention au Bout des Landes, et un long travail de co-construction du plan de transformations qui a mobilisé plus de 2500 habitants, le projet de rénovation du plus grand quartier d’habitat social de Nantes, se concentre sur deux secteurs prioritaires :  Bout des Pavés et Chêne des Anglais. L’enjeu ? réaménager les grandes rues, mieux relier les voies intérieures et créer une continuité verte au Bouts-des-Pavés. Au Chêne des Anglais, il s’agit de créer un nouveau centre, en relocalisant le services publics. Une maison de santé verra aussi le jour face au collège Stendhal ainsi que de nouveaux locaux tertiaires. Pour créer ce nouveau coeur, une des cinq tours de la rue Samuel de Champlain doit être démolie et la rue centrale (Eugène-Thomas) restructurée en repositionnant le tramway en son centre. Du neuf est également prévu pour le centre commercial de la Boissière, aujourd’hui en déshérence. « Il n’est pas tenable d’avoir un centre commercial dans un tel état. Nous avons défendu ce projet auprès de l’Anru parce qu’il répond à un vrai besoin des habitants », souligne Johanna Rolland.  Le centre actuel sera démoli pour recréer des logements et des commerces de qualité.


© NMA JeremieLusseau.

Bottière Pin Sec : un nouveau coeur de quartier

« La Bottière a de vrais atouts comme sa proximité avec la zone d’activités économiques Nantes’est Entreprises. Mais aujourd’hui la place centrale vit mal, les espaces publics ne jouent plus leur rôle de lien social et les secteurs sont coupés les uns des autres », observe Johanna Rolland. Le projet initial prévoyait de rénover le coeur de quartier au même endroit, sur la place de la Bottière. Mais les échanges avec les habitants ont fait bouger les lignes. Un nouveau coeur de quartier sera finalement créé à la place de l’ancien centre commercial, près du lycée Léonard-de-Vinci, face à l’école de la Bottière. La première pierre de ce projet a été posée en juin. Le long de la rue de la Bottière, 112 logements neuf seront construits, avec des commerces et services en rez-de-chaussée, ainsi qu’une placette. De nouveaux espaces publics et un cordon boisé seront aménagés afin d’améliorer la liaison entre la Bottière, Pin Sec et l’écoquartier Bottière-Chénaie voisin. Pour développer l’emploi, l’implantation d’un pôle d’économie sociale et solidaire est également à l’étude. La transformation du secteur Becquerel-Souillarderie devrait aussi profondément changer l’image du quartier. Une requalification complète de l’îlot est prévue, avec la création d’un lieu convivial au pied de la station de tramway. En juin, la municipalité a également voté l’extension et la restructuration de l’école Urbain - Le Verrier, avec la volonté de « favoriser la mixité sociale ».


© Roberto Giangrande

Dervallières : la fin des transformations

Plusieurs interventions depuis les années 90 ont permis d’ouvrir ce quartier des années 60, notamment en faisant tomber les anciens porches qui enclavaient les immeubles, et de mettre en valeur les atouts du vallon des Dervallières. Emblèmes de ce renouveau : l’ouverture du pôle éducatif et ludique Séquoïa ou encore la requalification du Grand Watteau, « le building » comme l’appellent les habitants. « Tout l’enjeu est désormais de finir ce projet », explique Johanna Rolland, et en particulier de mieux relier le bas des Dervallières avec le haut du quartier. Deux secteurs font faire l’objet de transformations : Lorrain de La Tour et Château, où la requalification est déjà bien engagée avec l’ouverture de la maison de retraite Renoir en juin 2017 et la construction de nouveaux logements. Mais aussi la place des Dervallières. L’enjeu : réhabiliter fortement et ouvrir sur le boulevard ce lieu de vie central. « Les violences du début de l’été et la dégradation majeure du centre commercial et des équipements publics nous poussent à agir plus rapidement que prévu pour transformer la place », souligne Johanna Rolland.

Mis à jour le 3 octobre 2018