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ACTUALITÉS

Nantes-Histoire explore complots et complotisme

À l’heure où fake news et autres « faits alternatifs » trouvent un écho considérable dans nos sociétés, l’association Nantes-Histoire décrypte vrais complots et complotisme au fil d’une quinzaine de rendez-vous. Son président, Philippe Josserand, lève un coin du voile...

Qu’est-ce qui a motivé le choix d’une telle thématique pour ce 32e cours public de Nantes-Histoire ?

Cela fait quelques années que les lectures complotistes parasitent, voire, sur certaines ondes,  phagocytent le discours historique. Notre idée est de déconstruire cela, expliquer comment cette logique complotiste a pu naître. Nous nous sommes donc intéressés à des complots célèbres – de l’Antiquité jusqu’à nos jours – pour comprendre comment ils ont été orchestrés, mis en scène, comment on en a parlé, ou pas... Car les complots ont probablement toujours existé, notamment lorsqu’il s’agit de prendre le pouvoir. Le complotisme, en revanche, est une lecture de l’Histoire biaisée, faussée : on imagine que l’Histoire aurait un sens, qu’elle serait manipulée par quelques-uns, pour des finalités qui leur sont propres.

Les théories complotistes sont-elles plus présentes aujourd’hui qu’hier ?

Le complotisme a un peu plus de deux siècles d’histoire – ce qui est déjà assez long. Il y a eu un tournant au moment de la Révolution française : dans certains milieux, on a imaginé que cet événement majeur était le produit de sectes, de courants, qui auraient opéré en sous-main… Aujourd’hui, le complotisme trouve des caisses de résonances à travers la globalisation et les outils de communication qui la servent. Des thèses qui, il y a 40 ans, auraient séduit seulement quelques dizaines de personnes puis auraient disparu, faute d’être nourries, trouvent aujourd’hui un écho sur le net, les forums, et touchent des dizaines de milliers de personnes.

Pourquoi est-il si difficile de lutter contre ces théories ?

Même si scientifiquement, il est assez facile de le faire, c’est vrai que l’on a beaucoup de mal à les réfuter. Dénoncer dans des revues scientifiques ne suffit pas, car la parole historienne est délégitimée, on considère qu’elle appartient à la structure dominante. C’est tout l’intérêt que d’apporter à notre modeste échelle une parole historienne, scientifique, vérifiée, crédible, informée. À chacun de nourrir sa réflexion, en allant aux textes, en écoutant les historiens, d’avancer dans sa réflexion. À chacun de s’emparer de l’Histoire ! C’est cette perspective citoyenne qui nous anime et qui fait que chaque année, nous proposons ce cours public sur une thématique, que l’on essaie de faire résonner avec l’actualité.

 

Le programme

  • 8 octobre 2018 : « Les complots dans l’Histoire : mythes, réalités et problèmes », André Loez.
  • 15 octobre : « La hantise du complot dans la Rome du temps de César : l’affaire Vettius (octobre 59 av. J.C) », François Cadiou.
  • 5 novembre : « Complots et naissance de l’État en France au Moyen-Âge », Claude Gauvard.
  • 12 novembre : « Complots et coups d’état à Byzance, IXe-XIIe siècles », Nicolas Drocourt.
  • 19 novembre : « La peur du complot juif au Moyen-âge : l’accusation de meurtre rituel », John Tolan.
  • 26 novembre : « La rumeur en Occident à l’époque moderne », Yann Lignereux.
  • 3 décembre : « Des complots liés à  la Saint-Barthélemy », Philippe Hamon.
  • 10 décembre : « L’invention du complot maçonnique : l’affaire de l’abbé Barruel (1741-1820) », Marc Belissa.
  • 17 décembre : « Les complots de la duchesse de Berry », Jean-Clément Martin.
  • 7 janvier 2019 : « La corruption parlementaire des années 1930 aux années 1980 », Jean-Yves Mollier.
  • 14 janvier : « Le mythe d’un complot judéo-maçonnique dans l’Affaire Dreyfus », Jean Guiffan.
  • 21 janvier : « La Charbonnerie », Mathilde Larrère.
  • 28 janvier : « Le boulangisme a-t-il comploté ? », Bertrand Joly.
  • 4 février : « La conspiration à l’âge romantique (1820-1870). Étude d’une pratique et d’un imaginaire politiques », Jean Noël Tardy.
  • 11 mars : « La persistance de certains mythes archéologiques : construction de l’imaginaire et obsession du complot », Dominique Frère.
  • 18 mars : débat  sur les théories du complot avec le politologue Julien Giry.

Les cours démarrent à 18h15 et sont suivis d'un débat de 20 à 30 min. Jusqu'au 17 décembre 2018 : salle Bretagne, 23 rue Villebois-Mareuil. À partir du 7 janvier 2019 : Salon Mauduit, 8 rue Arsène-Leloup.

Mis à jour le 2 octobre 2018