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ACTUALITÉS

Nos Futurs : quand le lieu unique imagine demain

Création Artefact - Ateliers TNG Lyon
Scénographie et création Lumière : Nicolas Boudier
Mise en Scène : Joris Mathieu

Du 1er au 13 décembre, cette biennale pluridisciplinaire propose spectacles, conférences, projection, performances qui sont autant de visions du futur. Décryptage avec Nicolas Rosette, programmateur théâtre au lieu unique.

La biennale traite de futurs désirables alors que chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles (écologie, politique, sociétal…). La culture peut-elle nous donner des raisons d'espérer ?
Effectivement, entre les alarmes envoyées depuis des décennies par les scientifiques sur les désastres écologiques et leurs conséquences, les dérives possibles des usages des technologies et le recul des espaces démocratiques, ce début de millénaire semble peu porteur de promesses positives pour l'humanité. C'est justement pour ne pas céder à l'inquiétude et au sentiment d'impuissance que nous avons initié cette biennale. Si la situation peut sembler critique – et elle l'est sur bien des points –, elle n'est pas inéluctable sur de nombreux aspects et les moyens d'agir existent, à conditions d'être informé, de s'impliquer. Cela passe aussi par la stimulation de nos imaginaires : si l'on ne se permet pas d'imaginer un changement, celui-ci ne peut pas advenir. À cet endroit, et de tout temps, les arts et la culture ont eu leur part dans l'évolution des mentalités et dans la transmission des idées. Nos Futurs n'est pas une biennale qui promet des lendemains qui chantent mais qui propose un espace pour imaginer des « demains » désirables ou non-désirables. Il s'agit à la fois d'observer le réel aujourd’hui et de semer les graines d'utopies pour le futur, sans moralisme – et sans savoir si ces graines vont germer. A travers les fictions poétiques et souvent des spectacles que nous proposons au lieu unique, chacun peut construire sa vision, imaginer des futurs.

Comment les artistes programmés s'approprient-ils ces questions ?
Chacun à sa manière s'empare de ces questions. Joris Mathieu, par exemple, dans « Artefact », passe par une fiction d'anticipation où les humains ont disparu et où les machines continuent d'exister sans but. Il n'y a pas de comédien dans la pièce et le public, face à ce théâtre sans acteur, peut sentir le trouble d'un monde sans humain où les machines essayeraient d'en convoquer le souvenir.

De son côté, Frédéric Ferrer, avec « Borderline(s) Investigation #1 », invente un faux colloque international autour d'une discipline scientifique qui n'existe pas, qui est un banquet d'absurdité, d'humour et de loufoquerie. Cependant, le spectacle est construit sur une véritable documentation scientifique sur l'anthropocène et si l'on rit beaucoup, on se retrouve aussi largement informé sur des processus complexes à l'œuvre dans les drames géopolitiques, humains et technologiques en cours. Dans ces deux propositions les artistes ne nous disent pas quoi penser ou quoi faire, mais nous offrent des univers à traverser qui peuvent nourrir nos propres réflexions.

Quels seraient vos trois coups de cœur dans cette biennale ?
Nos Futurs se déroule à la fois au lieu unique et au Théâtre Nouvelle Génération à Lyon, mais je vous livre mes coups de cœurs pour les spectacles programmés à Nantes : « Artefact » de Joris Mathieu en compagnie de Haut et Court, ainsi que « Borderline(s) Investigation #1 » de Frédéric Ferrer que j'évoquais précédemment mais aussi le spectacle « TO DA BONE » du collectif (LA)HORDE qui présente au plateau des formes chorégraphiques issues des pratiques de danse en ligne. Parce que sur internet, il n'y a pas que des fake news : il y a aussi de nouvelles pratiques culturelles.

 

Pratique :

Mis à jour le 30 novembre 2018