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Occupation de l'ancienne résidence rue Maurice Sibille : Johanna Rolland décide le maintien sur place jusqu’à fin de la trêve hivernale

rue Maurice-Sibille, ancienne maison de retraite

L’ancienne résidence pour personnes âgées située rue Maurice Sibille, propriété de Nantes Métropole Habitat, est occupée depuis le jeudi 8 mars au midi par des migrants expulsés la veille des locaux de la Faculté et du château de Tertre sur le campus de la Censive. Johanna Rolland, a décidé de ne pas demander le recours de la force publique : il n’y aura pas d’évacuation jusqu’à la fin de la trêve hivernale.

« L’accueil des migrants est une responsabilité collective. Je suis profondément attachée aux valeurs d’hospitalité et d’humanisme : cet accueil est une véritable obligation éthique et un défi que notre humanité doit relever » explique Johanna Rolland. Ainsi, « j’ai décidé de ne pas demander le recours de la force publique : il n’y aura pas d’évacuation jusqu’à la fin de la trêve hivernale. Toutefois, le maintien sur place des migrants doit se faire sous des conditions précises. Aussi, j’ai demandé à Aïcha Bassal, adjointe en charge du dossier, de recevoir les représentants du collectif et des associations pour fixer ensemble les conditions d’occupation de ces locaux », poursuit Johanna Rolland.
Plus globalement, Nantes réitère sa demande d’une coordination par les services de l’Etat de l’ensemble des institutions, collectivités, associations, organisations syndicales engagées sur le territoire dans l’accueil des personnes exilées. « Je demande solennellement la tenue de la table ronde que j’ai proposée à l’Etat depuis des semaines voire des mois. La Ville de Nantes prend plus que ses responsabilités sur ce sujet qui n’est pas de sa compétence : elle le fait au nom des valeurs qui nous rassemblent et des convictions qui sont les nôtres. Mais une mobilisation collective est indispensable » affirme Johanna Rolland.
Une rencontre, pilotée par Aïcha Bassal, en présence de représentants du collectif de migrants et de l’intersyndicale a eu lieu cet après-midi. Il a été rappelé que cette occupation temporaire ne vaut que jusqu’à la fin de la trêve hivernale. Ensemble, il a été acté que le collectif sera en lien permanent avec la Mairie pour assurer de bonnes conditions d’occupation : une rencontre sur site aura lieu demain entre Aïcha Bassal, un représentant de Nantes Métropole Habitat et les représentants du collectif. Un rendez-vous est d’ores et déjà programmé lundi 12 mars à 14 h et cette rencontre sera hebdomadaire. Par ailleurs, il a été collectivement décidé que la capacité maximale d’accueil ne pourra pas excéder 120 migrants, l’ancienne résidence ne disposant que de 60 chambres. Enfin, il a été acté que le bon voisinage avec les riverains était une priorité essentielle et partagée.
Depuis l’automne 2015, la Ville se mobilise fortement pour contribuer à l’accueil des personnes exilées.
Elle a notamment doublé le nombre de places du Centre Nantais d’hébergement des réfugiés (de 50 à 124 places), qu’elle gère pour le compte de l’État. Elle a soutenu systématiquement les candidatures, des opérateurs pour l’ouverture de CADA et facilité l’accès à des logements dans le parc social. 300 personnes sont hébergées dans ce cadre au sein de Nantes Métropole Habitat.
En novembre dernier, la Ville a mis à la disposition de l’État 10 nouveaux logements afin d’augmenter les capacités d’accueil.
Depuis quelques semaines, la Ville travaille à la mise en place d’un lieu de mise à l’abri en lien avec l’association Une Famille Un toit.
La Ville est en lien permanent avec les associations et les collectifs qui viennent en aide aux migrants. Elle les soutient pour leur apporter une aide d’urgence. Elle facilite l’accès aux droits des personnes migrantes par les services de son CCAS. Actuellement, elle travaille avec les associations œuvrant auprès des personnes migrantes pour fournir aux jeunes migrants des kits hygiène ainsi que des tickets de transport.
Elle accueille les enfants dans les écoles et à la cantine quelle que soit la situation de leurs parents. En lien avec l’Accoord, un travail sur l’accès aux loisirs est engagé. Enfin, elle soutient également les activités d’apprentissage du français ainsi que les activités proposées par de nombreuses associations en direction des migrants.
La Ville de Nantes est mobilisée pour favoriser un accueil digne et respectueux des droits des personnes sur son territoire.

 

Mis à jour le 9 mars 2018