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Nantes se construit avec ses habitants

forum dialogue pour tous à la maison de quartier Nantes Erdre
La Ville de Nantes et la Métropole affichent la volonté d'associer la population à la construction de leurs politiques. Mais comment, concrètement, faire entendre sa voix ? Sur quels sujets participer ? Et pour quels résultats ? Tour d'horizon du « dialogue citoyen » à la nantaise.

Comment aménager un nouveau quartier en tenant compte des personnes handicapées ou âgées ? Faire davantage de place aux piétons et aux vélos ? Peut-on parvenir à un consensus sur la question sensible des antennes-relais ? Pour apporter la meilleure réponse à ces questions, et à bien d’autres, la municipalité nantaise et ses partenaires font appel à l’avis d’associations, « d’experts », mais recherchent aussi le point de vue direct des citoyens.

« Cette manière de faire n’est pas nouvelle, rappelle Paul Cloutour qui dirige à Nantes Métropole une mission dédiée au dialogue citoyen. Depuis vingt ans, les élus nantais ont toujours consulté la population sur les grands projets : tramway, rénovation des quartiers populaires… » Au fil des ans, le mode de consultation des habitants s’est diversifié et prend aujourd’hui plusieurs formes : des conseils de quartier, des ateliers citoyens sur les déplacements ou la conception d’une nouvelle médiathèque, des instances de dialogue thématiques comme le Conseil nantais des personnes handicapées… Avec toujours une attention particulière pour donner la parole aux citoyens qui sont les plus éloignées de la chose publique : personnes en difficultés, jeunes, étrangers.

Chacun a son mot à dire

« Nantes s’appuie de plus en plus sur l’expérience vécue des citoyens pour améliorer les projets et les services, imaginer des solutions nouvelles », résume Sandra Rataud qui dirige la Mission dialogue citoyen de la Ville. « Chacun peut enrichir le débat et apporter sa pierre à l’édifice. On recherche avant tout la diversité des points de vue », ajoute Karen Burban-Evain, directrice de la Mission citoyenneté et territoires. Une partie des membres des conseils de quartier est ainsi tirée au sort sur les listes électorales pour tenter d’impliquer des habitants pas forcément motivés par l’exercice. C’est le cas de Laurent, 43 ans, qui s’est investi pendant deux ans au sein du conseil de quartier Nantes Sud. Renouvellerat- il l’expérience ? « C’est beaucoup de temps à passer mais c’est une façon très enrichissante de prendre part à la vie de sa ville. C’est une porte ouverte pour faire avancer les choses ».

Qu’apporte un citoyen « lambda » de plus qu’un technicien ou qu’un élu ? « L’avis du citoyen ne rentre pas dans les cases. Il oblige la collectivité à réfléchir selon une logique d’usage et pas de découpage administratif, répond Judith Ferrando Y Puig, sociologue spécialiste du sujet. Il ne faut pas attendre des idées révolutionnaires ! Mais les habitants posent les problèmes différemment et leurs priorités ne sont pas les mêmes. Cela permet de provoquer le débat et d’éclairer les élus, à la fois sur des problèmes très concrets du quotidien et les grands enjeux d’avenir ». « Le dialogue citoyen n’est pas un long fleuve tranquille ! Ça crée des débats parfois vifs, observe Alain Robert, adjoint à l’urbanisme. Mais on ne peut pas construire l’avenir de Nantes sans prendre en compte l’avis des Nantais ou oser affronter la critique… »
 

Témoignage de Michel Lorant, directeur des solidarités à la Ville de Nantes

En 2010, un des tout premiers ateliers citoyens nantais a réuni dix familles en difficulté et dix professionnels autour de la participation au débat public des personnes qui s’en sentent exclues du fait notamment de leur précarité sociale. quelle leçon tirez-vous de cette initiative ?

« Lors du forum “ Dialogue pour tous ” qui a rassemblé 200 personnes, nos assistantes sociales ont pris de plein fouet ce qui leur a été renvoyé. Un vrai choc, car s’il y a bien des professionnels respectueux de l’usager, ce sont elles. Les échanges avec le public ont pointé très clairement l’écart entre les attentes et les réponses apportées. Ce dialogue a mis en évidence que, pris dans leur quotidien, hyper sollicités, les services sociaux finissent par s’enfermer dans leur logique. on s’aperçoit, qu’en bout de course, si bien intentionné soit-on, on ne sait pas toujours bien aider les gens… Ce constat est à la source de la réforme de l’accueil du Centre communal d’action sociale que nous venons d’engager. C’est une révolution qui s’inscrit dans la durée. Elle commence par cesser de se centrer sur nos seules offres de services, pour tenter de mieux cerner la situation de la personne et ainsi bien l’orienter. Si on laisse une demande sans réponse, l’interlocuteur a l’impression qu’on se débarrasse de lui, qu’on ne cherche pas à comprendre ses problèmes… »
 

Chiffres clés
  • 190 rencontres se sont déroulées en 2010-2012 dans le cadre des ateliers citoyens. L’instruction des avis citoyens par les services de la Ville et de Nantes métropole a nécessité 180 réunions
  • 505 : c’est le nombre de conseillers de quartier inscrits lors de l’installation des conseils en décembre 2009
  • 34 ateliers citoyens ont été lancés entre 2010 et 2012 par la Ville et la métropole. 26, animés par la mission citoyenneté et territoires de la Ville, se sont déroulés sur les 11 quartiers nantais. Consultez les avis rendus et les réponses des élus.
190
rencontres se sont déroulées en 2010-2012 dans le cadre des ateliers citoyens.
505
conseillers de quartier inscrits lors de l'insatallation des conseils en décembre 2009.

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