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Passage Pommeraye

Ce chef-d’œuvre de l’architecture est classé monument historique depuis 1976. Inauguré en 1843, sous le règne du dernier roi Louis-Philippe, ce Passage doit son nom à un jeune notaire, Louis Pommeraye.

 

 
Une aventure humaine, économique, artistique et technique

Louis Pommeraye rêvait de transformer un quartier insalubre et mal famé digne des Misérables, en un passage de commerces luxueux digne de ses modèles parisiens très en vogue.
La construction dura trois ans, dans des conditions particulièrement difficiles : hostilité des riverains, une dizaine de procès et une difficulté technique extraordinaire : un dénivelé de 9,40 mètres sur un flanc de coteau de sable et de rocher !
L’opération fut toutefois un succès immédiat, le Passage devint un lieu de flânerie prisé des Nantais. On y compte pas de moins de soixante-six magasins. Hélas, sept ans plus tard, la crise de 1846-1847 le transforma en fiasco financier. Son promoteur Louis Pommeraye rendit l’âme complètement ruiné.

 

L’invention du lèche-vitrine

Organisé sur trois niveaux autour d’un escalier monumental, le Passage offre une conception nouvelle du commerce à ses premiers visiteurs, qui ne connaissaient à cette époque que de sombres boutiques sans vitrines et sans étalage des produits. Cette enclave luxueuse et lumineuse dans le centre de Nantes, ville alors en plein essor industriel, devient très vite un lieu de mode, de promenade, d’emplettes et même de flirt pour la bourgeoisie.

 

La fierté des Nantais

Il a par la suite traversé toutes les crises, échappa par miracle aux terribles bombardements de 1943 et a retrouvé son dynamisme avec la reconquête de la ville par les piétons.
Plus d’un siècle et demi après son ouverture, les outrages du temps et certaines transformations des années 60 et 70 pas toujours très heureux ont rendu nécessaire une opération de restauration, actuellement en cours. Mais au delà, l’histoire du Passage Pommeraye connaît une évolution historique, avec le percement d’une nouvelle galerie rue Santeuil, dans l’esprit des lieux.

 

Un lieu fantasmagorique

Le style du Passage Pommeraye étonne par sa décoration exubérante, mélange de néo-classicisme et d’éclectisme Louis-Philippe. Cette époque aimait le style chargé et ne s’en est pas privé, donnant un aspect mystérieux aux lieux qui allaient séduire des générations d’artistes.
La décoration, notamment la statuaire et les nombreux ornements, symbolise la richesse de Nantes au XIXe siècle, de son industrie naissante, de son commerce maritime et des progrès techniques. Les médaillons représentent des célébrités locales, intellectuelles, artistiques ou militaires. Les célèbres statues d’adolescents « songeurs » qui ornent le grand escalier sont les allégories du Commerce, de l’Industrie, de l’Agriculture, des Beaux-Arts, du Spectacle, des Sciences et du Commerce maritime.
Impossible de recenser ici toute l’ornementation du Passage, abondante à l’excès. Sa verrière, ses torchères, ses colonnettes, ses œil-de-bœuf, son escalier monumental, ses motifs cachés… Tout ici concourt à faire du Passage Pommeraye peut-être le plus beau passage couvert d’Europe, par la profusion et la grâce des détails architecturaux ou décoratifs. Un seul mot, tout simple, peut le résumer : magique. Il était naturel que ce lieu inspirât de nombreuses artistes. Littérature, photographie, cinéma, bande dessinée… Il a servi de décor, entre autres, aux Surréalistes, au cinéaste Jacques Demy dans Lola et Une chambre en ville, ou encore Jacques Tardi dans sa magnifique BD La véritable histoire du soldat inconnu.

 

Bon à savoir

Le Passage Pommeraye est une copropriété privée qui associe des commerçants et des résidents. L’Association des commerçants du Passage Pommeraye est étroitement associée au projet.

Si le Passage a connu dès son inauguration en 1843 un succès commercial, son ambitieux créateur Louis Pommeraye y laissa toute sa fortune et mourut ruiné.

Le Passage Pommeraye, qui relie le quartier du Commerce au quartier Graslin, est bâti sur un dénivelé de 9,40 mètres, difficulté technique qui n’a pas d’équivalent ailleurs.

1 350 millions
C’est le nombre de visites durant l’été 2013
48,5
millions d'euros de retombées directes.