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Histoire

Située en fond d’estuaire, Nantes, ville-port, a assuré son développement grâce à la Loire. Condevicnum (de Condate : confluence), Portus Namnetum (le port des Namnètes) : les premières mentions écrites évoquent cette relation privilégiée de la ville au fleuve.
port de Nantes vue XVIII

À la croisée des routes terrestres et fluviomaritimes, Nantes s’affirme comme un carrefour commercial tourné vers l’Atlantique. Intégrée aux échanges mondiaux, elle profite de cette position pour assurer son développement industriel devenant un centre de production et de redistribution vers l’Europe. Aujourd’hui, Nantes renoue avec son fleuve pour construire les fondements de son renouveau urbain, social, culturel et économique.

 

Une ville close (3e - 17e siècles)

Une place forte de l’Antiquité au Moyen Âge (3e - 15e siècles)

Au 1er siècle, la Cité des Namnètes, territoire gaulois situé au nord de la Loire, est intégrée à l’Empire romain. Sa capitale Condevicnum est alors une ville ouverte et étendue mais dont les limites restent à ce jour mal connues.

Menacée au 3e siècle par les Barbares, détruite au 9e siècle par les Normands, la ville se replie et se protège derrière ses remparts. Ainsi, jusqu’à la fin du Moyen Âge, la fonction militaire reste prépondérante. De la première enceinte gallo-romaine, il ne subsiste que quelques vestiges visibles (comme au pied de la porte Saint-Pierre). Quant aux fortifications du Haut-Moyen Âge, on n’en connaît à ce jour aucune trace attestée.

Dès la fin du 11e siècle, à la faveur de la paix retrouvée, la ville en expansion sort de ses remparts, donnant naissance à des faubourgs comme celui de Saint-Nicolas. Au 13e siècle, le duc Pierre de Dreux suivi de Guy de Thouars, supervise l’édification d’une deuxième enceinte, plus vaste, défendue par quatre portes dont deux subsistent : la porte Saint-Pierre et la porte Sauvetout.

Nantes, résidence des ducs de Bretagne (15e - 16e siècles)

Au 15e siècle, sous l’impulsion de Jean V, de François II puis d’Anne de Bretagne, Nantes devient la capitale de la Bretagne, siège du pouvoir politique et de la vie de cour. Débute alors la construction de deux nouveaux édifices, symboles de la puissance ducale, le château des ducs de Bretagne et la cathédrale SaintPierre et Saint-Paul.

Le château remplit alors une double fonction : celle d’une forteresse intégrée à la ligne de fortification et capable de repousser les attaques ennemies (comme en 1487), celle d’une résidence princière où se côtoient 600 personnes et qui cultive un art de vivre influencé par la Renaissance.

L’essor du port de commerce (13e - 17e siècles)

Dès le 13e siècle, Nantes s’ouvre au monde par ses voies maritimes et fluviales en lien avec l’Espagne, le Portugal, la Hollande. Relié aux villes hanséatiques et aux ports du Portugal et de l’Espagne, Nantes s’appuie sur les produits de la région nantaise (le poisson, le vin et surtout le sel) pour contrôler une part du trafic maritime.

La vocation commerciale du port s’accroît tandis que les activités portuaires se concentrent entre le quartier du Bouffay et la place du Port-au-vin (actuelle place du Commerce). À partir de 1671, les premiers échanges avec les « îles » annoncent l’essor du commerce négrier transatlantique.

 

Une ville ouverte (18e siècle - vers 1830)

Le 18e siècle, un siècle de croissance Nantes est alors un port actif, fréquenté chaque année par quelque 2000 navires et embarcations. Sa prospérité repose principalement sur le commerce négrier: chargés de marchandises de troc, les navires nantais rejoignent les côtes africaines pour y échanger leur cargaison contre des captifs. Ceux-ci sont emmenés de force en Amérique pour y être vendus comme esclaves, afin de travailler dans les plantations. De retour vers l’Europe, les bateaux rapportent les précieuses denrées coloniales (sucre, café, indigo).

Au 18e siècle, Nantes devient le premier port négrier de France, en assurant 42% des expéditions de la traite française. Cette histoire douloureuse longtemps occultée est désormais présentée dans les salles du musée d’Histoire de Nantes et commémorée de façon symbolique à travers le Mémorial de l’abolition de l’esclavage.

L’ensemble Feydeau et les embellissements du 18e siècle

Portée par son essor économique et démographique (la population double en un siècle passant à 80000 habitants), la ville s’étend.

Le premier chantier urbain de ce siècle fut celui de l’île Feydeau. En 1723, cette île située face au Bouffay, est lotie selon un plan régulier établi par l’ingénieur Goubert. Confrontés à des terrains instables et inondables, les travaux sont retardés. Les premiers immeubles voient le jour vers 1740. L’ensemble n’est achevé qu’à la veille de la Révolution française. Dans les années 1930, Feydeau perd son insularité lors des comblements des bras de la Loire.

Vers 1750, il est décidé d’abattre les fortifications devenues une entrave à l’extension urbaine. A l’emplacement des remparts, d’importants travaux d’embellissement sont entrepris: perspective des cours Saint-Pierre et Saint-André, front majestueux d’immeubles sur quais dus à Jean-Baptiste Ceineray.

Plus à l’ouest, de nouveaux quartiers sont créés de toutes pièces, comme celui initié par Jean-Joseph Graslin qui confie la réalisation du nouveau théâtre et de sa place à Mathurin Crucy. Ces réalisations reposent sur une architecture de programme alliant unité, répétitivité des façades et mise en scène de l’espace urbain.

 

Mutations urbaines (de 1830 à nos jours)

Une ville bourgeoise et ouvrière

Après la Révolution française, la bourgeoisie d’affaires, issue des milieux du négoce et de l’industrie, joue un rôle prépondérant dans la société nantaise. Son souci de représentation se manifeste à travers quelques lieux symboliques : le passage Pommeraye inauguré en 1843 est le lieu de rencontre et de flânerie de la notabilité. Son décor évoque le commerce et l’industrie symbolisés par les allégories des Arts et des Sciences. L’emploi du fer et du verre dans la structure révèle le parti pris de modernité.

À partir de la seconde moitié du 19e siècle, Nantes s’industrialise. De nouvelles activités en lien avec le port se développent: raffineries de sucre, conserveries, biscuiteries, distilleries, brasseries. Au tournant du siècle, la construction navale devient le moteur de l’économie régionale et du développement de la métallurgie.

La croissance industrielle entraîne l’arrivée massive d’une main d’œuvre ouvrière, population miséreuse venue de Bretagne notamment, qui vient s’entasser dans des habitats insalubres, aux abords des usines.

Le long du quai de la Fosse et sur l’autre rive, l’intense activité portuaire accompagne cette mutation. Né à Nantes, Jules Verne (1828-1905) fut marqué par ce spectacle : « Je revois la Loire, dont une lieue de ponts relie les bras multiples, ses quais encombrés de cargaisons, sous l’ombrage des ormes, et que la double voie de chemin de fer, les lignes de tramway ne sillonnaient pas encore. Des navires sont à quai sur deux ou trois rangs; d’autres remontent ou descendent le fleuve » (Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1890).

La mutation économique se double d’une révolution des transports. Nantes développe le premier réseau de tramways en France. En 1851, ce sont les trains qui pénètrent au cœur de la cité empruntant les quais de la Loire pour rejoindre les industries du port.

Traumatismes

Dans l’entre-deux-guerres, la Municipalité entreprend les comblements des bras de la Loire et de l’Erdre. La décision d’un tel chantier est motivée par le problème de l’ensablement du lit principal de la Loire, l’envasement des bras secondaires, les difficultés de circulation et l’insalubrité. Ces travaux qui durent plus de 20 ans modifient profondément la ville et ses paysages.

Mais les conséquences de la Seconde Guerre mondiale sont plus violentes encore. Les 16 et 23 septembre 1943, Nantes, occupée par les Allemands, est gravement touchée par les bombardements alliés. 700 immeubles et bâtiments sont détruits, on compte 1463 morts. Après guerre, l’effort de reconstruction effacera pour partie ces séquelles : reconstruction à l’identique de la Bourse, de la place Royale, nouvelles architectures de la place Bretagne, de la rue du Calvaire, de l’Hôtel-Dieu.

Malgré un relèvement rapide dans les années 50 et 60, les crises économiques successives des années 1970 provoquent le déclin de l’industrie et le départ d’une partie des activités hors de la ville. Symbole de cette crise, la fermeture des chantiers navals (1987) signe la fin d’une longue histoire de la « Navale » intimement liée au port de Nantes. Désormais, Nantes s’oriente vers une économie tertiaire supérieure, en misant sur les hautes technologies et l’innovation.

Renouveau urbain

À partir des années 70, le centre de Nantes devient l’enjeu de projet de rénovation. Dès 1972, le projet d’un grand centre d’affaires en cœur de ville, dont la tour de Bretagne serait le symbole, est fortement contesté. C’est d’ailleurs suite à cette polémique, que la Ville entame une action durable en faveur du patrimoine en se dotant d’un secteur sauvegardé.

Depuis les années 90, les aménagements urbains s’attachent à redonner à la ville des points d’ancrage et des repères souvent oubliés : en centre ancien, l’île Feydeau a retrouvé son insularité par l’aménagement de nouveaux « quais », évocateurs de la mémoire de l’eau.

De nouveaux quartiers ont su allier patrimoine et architecture contemporaine comme le quartier Madeleine Champ-de-Mars où fut réhabilitée en 2000 l’ancienne usine LU devenue scène nationale, ou comme l’île de Nantes qui s’appuie sur son héritage industriel pour proposer de nouveaux usages, à l’exemple des promenades du site des Chantiers.

Inauguré en 2012, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage, conçu comme un nouvel espace public ouvert sur la Loire, invite à croiser passé et présent, à travers un parcours commémoratif et méditatif mettant en jeu la question de la Liberté et des Droits de l’Homme.

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