LES MOSAISTES ITALIENS VENUS A NANTES
| Pour répondre à la demande de mosaïque décorative en France, on fait appel aux villageois de Sequals et de sa région proche Spilimbergo, Maniago, San Daniele du Frioul. En effet, c'est de cette région italienne que Facchina est originaire et que l'on a mis au point des techniques révolutionnaires pour la mosaïque. Spilimbergo devient le berceau des entreprises françaises de mosaïques tenues par des Italiens émigrés. Cette origine commune est liée uniquement à la présence de "l'Ecole officielle de mosaïque" à Spilimbergo de grande réputation. |
| Le diplôme décerné aux élèves en fin de cycle donne un réel niveau de compétence. Il faut dire que le cursus était long : 8 ans et la scolarité des mosaïstes commençait juste après le certificat d'études (vers l'âge de 12 ans).Six années sont occupées par l'apprentissage des techniques de pose du marbre, des smaltes, des pâtes de verre, de la céramique. On apprend tout ce qui est utile à la préparation de plans. L'acquisition technique et pratique représente 70% du temps et les 30% restant sont voués à l'éducation culturelle et intellectuelle. L'école n'accueillait qu'une vingtaine d'élèves ainsi la tradition était perpétuée mais restait limitée seulement à quelques uns. |
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Même si l'enseignement était de qualité, à la sortie de l'école cela ne suffisait pas pour trouver du travail en Italie et souvent le jeune mosaïste frioulan était obligé de s'expatrier dans des pays où la main d'ouvre qualifiée dans ce domaine était quasi inexistante. Les premiers membres de la famille Odorico à émigrer en France viennent retrouver à Paris le célèbre mosaïste de l'Opéra Garnier : Facchina. De nombreux mosaïstes italiens pérégrinent d'entreprise en entreprise en attendant le point de chute idéal, souvent aux côtés de leurs confrères installés en France. C'est le cas pour Serafini, Zannier, De Paoli, Zavagno, Sarcelli, Thomaso certains seront appelés par Odorico lui même et le rejoindront dans sa société à Rennes. |
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| Les mosaïques et surtout les devantures de magasins possèdent parfois des signatures de certains mosaistes comme c'est le cas pour Graziana et Martini : "Mosaïc Art". A noter toutefois que la signature "Graziana" correspondait au nom de l'entreprise mais c'était en l'occurrence Zannier qui réalisait toutes les mosaïques de la maison Graziana sur Nantes dans les années 1930 et au delà. | |
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| D'ailleurs, pour ces artistes immigrés italiens c'est une façon comme une autre de s'intégrer à la ville de Nantes : lieu de refuge pour certains qui fuyaient la dictature fasciste instituée par Mussolini ou pays d'accueil pour des travailleurs qualifiés s'éloignant de la région déshéritée et agricole du Frioul. Il faut préciser que ces Italiens immigrés faisaient jouer le réseau des cousinages implanté dans la terre d'accueil et partaient rarement d'Italie sans avoir l'assurance d'être hébergé et d'avoir un emploi en France. Le sens du clan était très développé et on peut supposer que si les mosaïstes se sont implantés en nombre à Nantes c'est qu'ils y possédaient des relations. |
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Or, aux XVII et XVIIIème siècles on trouve la présence d'Italiens à la tête des verreries et faïenceries de Nantes et sa région. Il semble que ces immigrés soient presque tous demeurés sur place et aient fini par faire souche, ayant, par leur travail, réalisé des fortunes importantes. Il est intéressant de noter le rapport entre les faïenceries du XVII- XVIIIème siècles et la mosaïque du XXème siècle , ces deux techniques utilisant des matériaux similaires. Mis à part |
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