Détente

Viarme,

la place des foires, des puces et brocantes

Des marchés aux bestiaux à la Brocante de Nantes

Depuis 1752, l'ancienne place des Agriculteurs est le lieu des foires et marchés traditionnels. Chaque samedi matin, les puces de Viarme sont le rendez-vous des amoureux de la brocante.

"Pour trouver son bonheur, il faut venir tôt", conseille un brocanteur de la place Viarme. Chaque semaine, il déballe sa brocante pour le plus grand plaisir des chineurs et connaît l'histoire des puces, depuis son institution par la duchesse Anne.

Les foires aux bestiaux d'antan

L'histoire de la place Viarme commence le 12 octobre 1752, par une ordonnance royale qui marque sa création dans le faubourg du Marchix.


Selon Nicolas Portail, architecte-voyer de l'époque, elle recouvre un vaste espace triangulaire laissé vacant par les terrassements du bastion dit " de Vannes ", établi à partir du XVIe siècle sur l'enceinte du Marchix, entre le Port-Communeau et la place du Bon-Pasteur. Couverte de baraques et jardins attenants qu'utilisent une communauté de tisserands pour étendre le linge, elle tient son nom de l'intendant de Bretagne Camus de Pointcarré de Viarme (que l'on orthographie parfois " Viarmes "). La place est créée pour accueillir les foires traditionnelles1 - dont deux à bestiaux dites " Nantaise " et " Guibrée ". Rapidement, les marchés aux bêtes prennent de l'importance. Le nombre d'aubergistes et cabaretiers s'accroît au XIXe siècle pour en compter plus d'une quarantaine autour de la place. Simple buvette en bois ou espace permanent de consommation, le cabaret reçoit les maréchaux-ferrants, charrons, fermiers et paysans venus parfois de loin par le chemin de Vannes ou de Rennes pour conclure leurs affaires.

"Dans les années 1950, pendant les marchés aux chevaux, la place était couverte de monde" se souvient un habitant du quartier. Arrivant de la campagne, les carrioles des agriculteurs apportaient ici leurs produits aux Nantais.

La Bouillotte et Petites Pattes

Mais, l'importance des foires agricoles s'estompe déjà. Chevaux et attelages sont peu à peu remplacés par l'automobile. Les marchés aux bestiaux cèdent leur place aux puces.

Dans les cafés qui bordent Viarme, on évoque volontiers les célébrités locales comme La Bouillotte.

Ce personnage pittoresque né Jean Orthion, symbolise le "broc" d'antan. Marchand de brocante, il tient son surnom de la ferraille essentiellement constituée de chenets, de ronds de cuisinière qu'il a vendue sur les puces entre 1928 et les années 1970. Vêtu d'un bleu de travail et d'un béret, ce généreux "jaillou"* cheminait dans le quartier pieds nus dans ses sabots de bois en compagnie de sa charrette à bras tirée par son aide surnommé Petites Pattes en raison de sa taille.

À l'angle de la rue Félibien, c'est une croix à la mémoire du général Charette de la Contrie qui rappelle l'exécution du chef vendéen, fusillé ici même le 29 mars 1796. En ces temps révolutionnaires, c'était la place des Agriculteurs.

L'aubette du vieux tramway

Pendant plus d'un demi-siècle, des projets d'architectes comme Ceineray, Driollet, Gaillard, Aligny... vont se succéder. Cercle, hémicycle, rectangle, système rayonnant ou symétrique - toutes les formes de place sont projetées pour faire de Viarme un Champ de foires, mais aucune ne sera véritablement réalisée.

Aujourd'hui, la place livre au regard du passant une collection d'immeubles qui traduit une diversité de volumes, de styles et de dates de construction.

Le front est, dans l'alignement de la rue des Hauts-Pavés, abrite de petits immeubles du XIXe siècle qui côtoient la moderne résidence du Martray. Il trouve son origine dans l'antique chemin de Bretagne. En face, les onze étages de la Caf édifiés dans les années 1950 sont depuis l'été en cours de démolition.

À deux pas du plus ancien commerce de Viarme, le café de "L'Aubette" - un nom évoquant l'abri de l'ancien tramway nantais - le tram est de retour depuis la fin août avec son flot de voyageurs. La station d'aujourd'hui est située au niveau de la rue Bodiguel, qui descend sur Talensac, l'autre marché traditionnel du quartier.

R.D.


* La " jaille " est un mot typiquement nantais qui désignait l'enlèvement des ordures ménagères. C'est l'abréviation de la " jetaille ", les choses qu'on jette, déchets et détritus. La jaille était aussi, dans le jargon des mariniers, le sable de Loire de mauvaise qualité.

En 1760, les quatre foires du Chapitre qui ont lieu sur les mottes Saint-André et Saint-Pierre sont transférées suite à la réalisation des cours vers la place Viarme.


Les rendez-vous de Viarme

Les samedis de Viarme : Marché aux puces de 7h30 à 13h.

Marché viticole et des produits de terroir : Au printemps et début septembre, on y trouve des produits vendus par des petits producteurs venus de toute la France.

Brocante de Nantes : Fin septembre début octobre. Trois jours de Viarme organisés par la Ville de Nantes.

Informations diverses...

  • Renseignements :  02 40 41 90 00.
  • A lire :  Ancien brocanteur, Jean-Luc Russon est l'auteur d'un bel ouvrage intitulé Place Viarme, le marché aux puces de Nantes édité par le Petit Véhicule.