Culture
Jules Verne et Nantes
L'embarcadère du pyrocaphe, quai du port Maillard
Toute l'enfance de Jules Verne s'est déroulée sur les quais de Nantes, dont l'activité débordait alors. Elle a inévitablement été bercée par les récits hérités d'un passé inoubliable ou nés de l'heure.
Les mémoires conservaient encore des souvenirs du départ de Bougainville appareillant pour son voyage au tour du monde, du naufrage de la Méduse, construite sur un chantier de la Basse Loire.
Les baleiniers de Dobrée rapportaient encore de leurs campagnes de merveilleuses légendes auxquelles se réfèrent Aronnax et Jean-Marie Cabidoulin. Les navires de commerce déchargeaient ou embarquaient un fret tout aussi varié que ceux qui excitent l'admiration de P'tit bonhomme et des autres armateurs verniens.
La Loire favorise en ce temps plus que la route les communications. L'oncle Prudent débarque à la Petite-Hollande, venant du Pellerin, pour rendre visite à sa nièce. Balzac gagne Le Croisic en bateau. Pas de voie plus rapide pour atteindre Noimoutier, Pornic. Lors de son premier voyage à Paris, le fils de Pierre Verne emprunte le pyroscaphe jusqu'à Tours, terminus du chemin de fer qui n'atteint Nantes qu'en 1851.
A ce moyen de locomotion, il doit ses premières grandes émotions. Celles qu'il ressent à 12 ans lorsqu'il descend le fleuve avec son frère pour voir la mer qu'il ne connaissait pas. Souvenir durable qui revit dans La Jangada, Le Superbe Orénoque, Le Secret de Wilhelm Storitz et Le Pilote du Danube.
Modèle de croisière heureuse au long d'îles prêtes pour l'aventure : Ile Feydeau, qui rompra ses amarres pour devenir Standart-Island, la ville flottante des milliardaires, îlot en face de Chantenay où s'est réfugié le robinson d'un jour, île d'Indret, dont l'inqiétante machinerie semble enfouie sous les eaux.