Culture
Jules Verne et Nantes
Alexandre Dumas: un maître vénéré
Durant sa vie de bohème, Verne a longtemps songé à devenir un homme de théâtre, rêve qu'il n'a jamais vraiment abandonné puisqu'il a adapté pour la scène quelques-uns de ses succès de librairie.
Il représente néanmoins beaucoup mieux la tradition romanesque du XIXe siècle, celle qui commence avec Walter Scott et Balzac.
Il s'illustre dans la quasi totalité des genres en vogue : fantastique, aventure, roman populaire, historique et policier qu'il conjugue, du reste, fréquemment au cours d'une même intrigue.
Ainsi se présente l'inclassable Voyage au centre de la terre, inspiré d'Isaac Laquedem, le juif errant, qui pénètre dans les Profondeurs infernales, héros imaginé par l'auteur du Comte de Monte-Cristo l'un des titres préférés de Verne.
Ce dernier est, tout comme le romancier de la Comédie humaine. Dumas ou Zola, le créateur d'un vaste ensemble, les Voyages extraordinaires, sur le fond desquels se détachent quelques cycles qui font appel au retour des personnages (John Maston, Robur, Nemo).
Ces trois génies dominent une oeuvre qui, à l'instigation de Dumas, se proposait d'être « le roman de la science ».
Leur caractère accompli a d'ailleurs jeté dans l'ombre des figures de savants comme Claës, Gambara ou Joseph Balsamo, déjà proposées au public. Ces encyclopédies vivantes étaient un savoir polyvalent que les descriptions verniennes contribuent largement à dispenser.
Selon le voeu même de Hetzel, l'écrivain qu'il venait d'engager devait « résumer toutes les connaissances géographiques, géologiques, physiques, astronomiques, amassées par la science moderne et (...) refaire, sous la forme attrayante et pittoresque qui lui est propre, l'histoire de l'univers » (« Avertissement de l'éditeur », Voyages et aventures du Capitaine Hatteras, 1866).