Mairie
Conseil municipal, janvier 2009
Débat : Le logement à Nantes
M. DANTEC, Adjoint - Monsieur le Maire, chers Collègues, nous sommes d'abord des élus urbains et à ce titre, nous sommes donc des élus bâtisseurs.
Je crois que l'affirmer, c'est souligner à quel point la question du logement est au coeur de notre action, de la gestion du quotidien aux visions les plus prospectives.
Evidemment, j'ai très peu de temps donc je reviendrai justement sur deux-trois points de priorités affirmées et partagées de notre majorité, ce qui permettra de répondre peut-être un petit peu aux précédents intervenants.
Tout d'abord, nous assumons sans ambages notre ferme volonté de lutter contre l'étalement urbain et donc de densifier la ville. Nous ne déclinons pas la fausse utopie « de la ville à la campagne », vision dangereuse d'un étalement urbain consommateur d'un espace rural nourricier et fortement générateur de gaz à effet de serre.
Et par rapport aux interventions précédentes, j'aimerais bien que, maintenant que tout le monde parle beaucoup d'environnement, ce dont je me réjouis tout à fait, on hiérarchise les enjeux.
Et le premier enjeu, en terme d'impact environnemental, de la Ville, c'est bien de garder les habitants dans la ville et d'éviter qu'ils se logent à 30 kilomètres, je vois qu'on est d'accord sur ce point.
Mais effectivement, assumer la ville dense, c'est aussi se battre au quotidien pour la qualité de la vie en ville : trame d'espaces verts, espace public de qualité, développement des jardins familiaux, ce sont aussi des éléments d'une politique logement. Et puisque depuis ce matin, on a tendance un peu à saucissonner les budgets de la Ville, je crois qu'il faut revoir toujours de manière cohérente la totalité de nos budgets, c'est ça qui fait la ville, c'est ça qui fait une politique logement.
Et par rapport à nos politiques d'éco-quartiers, vous citiez Bottière-Chénaie, par exemple l'espace public de qualité ou par rapport à ce que vous disiez sur l'eau et la filtration. Savez-vous que sur Bottière-Chénaie, nous avons débusé le ruisseau des Gohards ? ce qui a un impact extrêmement fort et qui pose énormément de problèmes de politique publique derrière, c'est l'assainissement donc quand on tire un fil, il y en a plein derrière et je crois que là, on est au coeur d'une logique d'éco-quartier sur le volet environnemental.
Mais évidemment, dans notre logique d'éco-quartier, nous sommes dans un raisonnement de quartier durable, c'est-à-dire la mixité sociale, le taux de logements sociaux sont aussi importants dans une logique d'éco-quartier que les toits verts. Je crois que ça, c'est un point extrêmement important.
Ce vivre ensemble passe donc à la fois par une mixité sociale fonctionnelle et évidemment par une mixité sociale d'occupation. En ce sens, cette crise du logement qui est un peu inhérente à la société française du XXème siècle, même si ça c'était amélioré dans les années 70-80, aujourd'hui est un vrai scandale français.
Et je suis quand même très étonné par l'intervention de M. Grelard puisque cette crise s'est quand même - regardez, ouvrez les yeux - s'est quand même extrêmement aggravée ces dix dernières années. Et nous avons fait des propositions, et nous avons même fait des propositions dans le cadre du Grenelle de l'environnement.
Je me rappelle avoir été dans le bureau de Jean-Louis Borloo, nous lui avons fait des propositions en terme de maîtrise foncière par exemple. Dans le Grenelle, vous ne retrouvez pas ces mesures qui permettraient de lutter contre la spéculation foncière qui font qu'effectivement c'est quand même un peu les déjà riches qui deviennent plus riches.
Donc je crois qu'on a des enjeux de cohérence forte, nous avons à l'échelle de Nantes Métropole fait des choix, notamment avec le prêt à taux zéro qui a permis une accessibilité forte dans la ville. Nous devons poursuivre cette politique et je crois qu'effectivement on est dans une cohérence globale, je vois bien que vous êtes plus offensifs et ça fait du débat, et je m'en réjouis, mais arrêtez de saucissonner.
Notre politique de développement durable, à l'échelle de la Ville de Nantes - vous en parliez ce matin - je peux vous donner le vrai chiffre budgétaire, c'est tout simplement 435,1 millions d'euros.
M. LE DEPUTE-MAIRE - Merci, Monsieur Dantec. La parole est à M. Robert.