Mairie
Les églises nantaises
L'église Sainte-Madeleine
Avant l'église actuelle de la Madeleine, deux églises ont été construites à partir de 1840 sur le quartier de Beaulieu (1-2). La deuxième église se situait à Babin-Chevaye jusqu'à la Seconde guerre mondiale.
En effet, au cours de la nuit du 11 au 12 août 1944, les Allemands font sauter les ponts Haudaudine, Madeleine et Pirmil, après s'être retirés sur la rive sud de la Loire. En fait, c'est l'explosion de l'arche centrale du pont Haudaudine, miné par les Allemands au moment de leur retraite, qui ébranle l'édifice Sainte-Madeleine de façon définitive.
Sous l'effet de la déflagration, les fissures ouvertes dans l'édifice par les bombardements s'élargissent à tel point qu'on doit chaîner les deux pignons pour éviter une catastrophe.
Celle actuellement située boulevard Gustave-Roch date de l'après-guerre. Officiellement, son chantier est ouvert le 8 décembre 1952. Quinze jours après, l'implantation est terminée. Entre temps, l'entreprise du pieux "Franki" a amené son matériel de forage, et le 31 décembre les premiers pieux sont coulés.
En février 1953, la Ville est assurée de financer son emprunt par la Caisse d'Épargne. Manque une décision contractuelle avec la Caisse des Dépôts et Consignations qui retarde les travaux de mai à juin 1953. Le 17 mai 1953, Mgr Villepelet bénit la première pierre... symbolique et les assises déjà sorties de l'église.
La nouvelle église du boulevard Gustave-Roch reçoit l'image de la Vierge le 8 décembre 1954 et pour la clôture de l'année mariale, une dernière grande messe solennelle, avec une assistance d'un millier de fidèles, a lieu dans l'ancienne église du boulevard Babin-Chevaye spécialement rouverte en la circonstance. Après la messe, tous les assistants portant un cierge allumé escortent la statue de la Vierge Immaculée accueillie à son entrée dans la nouvelle église. Le 12 décembre 1954, l'église, à peine achevée mais en état d'accueillir les fidèles, est bénite par Mgr Villepelet.
C'est par une pluie battante que Mgr Villepelet put procéder, le 27 mars 1955, à la bénédiction du maître-autel de Sainte-Madeleine et à la consécration extérieure, tandis que les fidèles, contrairement à la règle, avaient été admis aussitôt dans le lieu saint.
Le nouveau temple paroissial a été pensé, lancé et financé par le chanoine Moreau. Prêtre-bâtisseur, ancien forgeron, il pensa à réaliser les travaux de l'église par tranches successives, la première permettant à l'édifice de recevoir 1400 fidèles sur les 2400 qui pourraient y suivre les offices, lorsque l'édifice serait terminé.
Moderne et de conception solide, l'église Sainte-Madeleine de Nantes, dessinée et exécutée par Monsieur Guillou, directeur des Beaux-arts, et Monsieur Joèssel, architecte de la paroisse, a était conçue comme une immense croix grecque orientée nord-sud et dont l'autel du Saint-Sacrifice est le centre. D'après les plans des architectes, l'ensemble est disposé pour que les regards se tournent vers l'autel, la demeure du Maître. Si l'entrée principale de l'église comporte trois grandes portes donnant sur le boulevard Gustave-Roch, on pourra pénétrer par les nefs est et ouest. Outre la partie réservée à la chapelle, trois grandes nefs, les trois autres parties de la croix, convergeront vers l'autel. Chacune de ces trois nefs sera complétée par une tribune pouvant recevoir 500 personnes. L'intersection des axes de l'église sera coiffée par un lanternon éclairant le maître-autel.
L'édifice repose sur 144 pieux coulés à 12 mètres de profondeur et reliés par des poutres en béton armées. Les fondations ont nécessité 50 tonnes de ciment et autant de fer-acier.
Sur la façade, un dessin au trait, gravé profondément sur 7 mètres par Monsieur Ferrand, professeur aux Beaux-arts de Nantes, représente Sainte Marie-Madeleine pénitente.
La toiture est en tuile de Beauvais, le revêtement extérieur en cailloutis lavés utilisé sous forme de plaques de béton préfabriquées (la maison Gaiarsas de Pont-Rousseau, spécialiste des panneaux de cailloutis, réalise les panneaux de ciment enrobés de petits galets de différents coloris disposés en damier). Le gros oeuvre est attribué à l'entreprise Le Guillou.
Les vitraux sont l'oeuvre de Monsieur Fleury, de Paris, pour le dessin et pour l'exécution, de Monsieur Bertrand, de Châlons-sur-Saône (pour la somme de 2 932 740 francs). Le grand orgue de 42 jeux, trois claviers à transmission électrique est l'oeuvre de l'organiste nantais, Raymond Bouvet.
Le Baptistère évoque la descente dans le bain qui purifie et régénère par le sacrifice du Christ et la remontée à la vie d'enfant de Dieu et de l'église.
Initialement prévue pour une forme en croix grecque, l'église de la Madeleine n'a jamais, sans que l'on connaisse précisément les raisons de l'arrêt des travaux (manque de financement, désaffection du culte dans les années soixante... ?), reçu les bras de la croix. Seuls la nef centrale et le choeur sont sortis de terre, sans les transepts latéraux. Pour compenser leur absence, qui fragilise l'édifice, les ouvertures latérales ont été bouchées par des murs de moellons renforcés par une structure métallique.
(1) La première église Sainte-Madeleine, due à l'architecte Théodore Nau, a été construite sur l'ancien prieuré de ce nom qui existait déjà en 1019. En mai 1985, la Municipalité inaugurait à l'emplacement même de l'ancienne église Sainte-Madeleine, la maison de personnes âgées sise aujourd'hui entre les rues Michel Columb, de Hercé, Hermeland et le boulevard Babin-Chevaye. De l'autre côté de la Loire existait également une chapelle du XVe siècle se terminant par un chevet à trois pans. Dite "Sainte-Madeleine des Ponts", elle a aujourd'hui disparu pour faire place au quai Magellan en 1865 .
(2) Construite après guerre, l'église de Sainte-Madeleine est l'une des deux églises de l'île Beaulieu (l'autre étant celle dite "Notre-Dame-des-Lumières" qui n'accueille que les messes sans offrir les cérémonies, du baptême à la sépulture...). Sainte-Madeleine est donc la seule église paroissiale de Beaulieu.
(3) L'église de la Madeleine est un édifice communal.
En droit : "La Fabrique est évidemment propriétaire de l'église construite avec ses deniers propres ; mais, du moment que la commune est intervenue dans la dépense, c'est elle qui est propriétaire de l'édifice", (Cf. Dictionnaire municipal, p. 601 édition de 1888).